Requiem pour les Barthélemy
Requiem pour les Barthélemy

Vidéo - Picasso bleu et rose au Musée d'Orsay

Jusqu'au 6 janvier 2019 -
Musée d'Orsay //

Picasso au musée d’Orsay ? Une rencontre pour le moins inattendue… Enfin ça c’est qu’on pense avant de découvrir l’exposition magistrale organisée par le musée. Si vous avez l’impression de connaître Picasso par cœur, voire, avouons-le, d’en entendre un peu trop parler en ce moment… Eh bien sachez que cette exposition risque bien de vous surprendre. Elle se concentre sur l’avant-Picasso, ou plus précisément sur l’avant-cubisme, 5 années cruciales, ces années de peine puis d’apaisement, connues comme les périodes bleu et rose. Les années 1900 à 1906, on est donc bien dans le spectre de temps du musée d’Orsay. Nous sommes près de 10 ans avant les premiers Nymphéas de Monet. Picasso arrive à Paris en octobre 1900, à 18 ans à peine. Il signe encore du nom de son père, Pablo Ruiz. Il débarque à la gare d'Orsay, devenue entre-temps le sublime musée, pour représenter l’Espagne à l'Exposition universelle. Mais si le jeune Pablo est déjà un remarquable artiste, il n’a pas encore trouvé sa voie, ce qu’il fera de manière incessante dans les 6 années suivantes. Il est partagé entre l’académisme hérité de son père - illustre professeur de dessin - et son envie d’avant-gardisme. 300 œuvres sont ici présentées, ce qui n’avait jamais été fait. Impensable mais vrai. Et pour cause, réunir autant de chefs-d’œuvre inestimables tenait de la folie pure, exigeant plus de 3 ans de travail. On y admire des autoportraits du jeune Picasso qui se métamorphosent en 5 ans à peine. Les styles n’ont rien à voir, les expressions non plus. Notre artiste s’est trouvé. Entre temps, il y a eu ce que l’on appelle communément la période bleue, entendez par-là, la période à laquelle ses toiles se teintent irréductiblement d’un bleu glacial et ses sujets –figuratifs – d’expressions dramatiques. Trois ans pendant lesquels Picasso abordera dans ses peintures des thèmes sombres et douloureux, la souffrance et le chagrin, ce qui n’est pas loin d’être un reflet de sa propre vie à l’époque. Picasso n’est pas encore connu, il travaille dur et côtoie la misère. Son meilleur ami Carles Casagemas se suicide, ce qui rajoute encore à la tristesse de notre jeune artiste, qui représentera son défunt ami dans de nombreuses toiles. Mais Picasso emprunte aussi aux grands maîtres classiques, Greco en tête de liste, aussi bien pour son bleu acide que pour ses figures étirées. Des influences classiques qu’il mêle aux scènes de la vie parisienne, buveuses d'absinthe, naine, fille qui attend, rappelant Van Gogh, Degas ou Toulouse-Lautrec, twistés à la sauce Picasso. C’est dans ces années qu’il introduit la figure d'Arlequin, pensive et mélancolique, qui va traverser toute son œuvre. Dans l’exposition, ces bleus se déclinent à l’infini, passant de son ncroyable autoportrait aux traits vieillis et au regard décidé, à sa Célestine, sinistre maquerelle borgne sinistre en passant par « La Vie », allégorie du cycle de la vie où apparaît Casagemas, sa femme et l’enfant qu’ils n’auront jamais eu, et caché dans le fond bleu une figure accroupie représentant la mort.

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  • Vue de l'exposition Picasso bleu et rose - Musée d'Orsay
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En 1904, le bleu va progressivement faire place au rose, un rose fané des tons pastel et tendres, beiges et ocres…

Des tonalités plus douces, même si la nostalgie et la mélancolie dominent encore. L’amour fait peu à peu son entrée dans la vie du peintre, amoureux de Fernande. Picasso sculpte davantage ses corps, les traits des visages s’épurent à la manière de masques, annonçant la révolution cubiste des Demoiselles d’Avignon. Picasso n'a que 25 ans.

Lors de votre visite, observez cette jolie « Fillette au panier de fleurs », magnifique nu ayant appartenu près d’un demi-siècle à la famille Rockefeller et qui vient d’être venu pour 115 millions de dollars. Prêtez attention à la Chambre bleue, ce nu à la baignoire sous lequel ona  récemment découvert un portrait du marchand de Picasso, Ambroise Vollard, une époque où Picasso ne roulait pas sur l’or et devait « recycler » ses toiles… On y découvre un artiste virtuose, porté par ses états d’âme et incessamment nourri par le monde qui l’entourait. Superbe.

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