Le Corps et l'Âme, de Donatello à Michel-Ange à l'exposition du musée du Louvre

Musée du Louvre
Jusqu'au 18 janvier 2021

  • Andrea del Verrocchio, Un ange volant, vers 1480
  • Tullio Lombardo, Bacchus et Ariane, vers 1505‐1510
  • Relief des Sacrifiantes Borghèse, vers 130
  • Agostino di Duccio, Sainte Brigitte reçoit la règle de son ordre, vers 1460
  • Michel-Ange, Femme nue agenouillée, tenant une couronne et des clous

 

5

Après Léonard de Vinci, le musée du Louvre sort le grand jeu pour nous séduire en réunissant Donatello et Michel-Ange dans la même exposition.: un programme alléchant. De 1460 à 1520 s’opère en Italie une véritable révolution sculpturale qui marque à tout jamais l’histoire de l’art occidental. Cette exposition nous promet un éloge de la « Manière moderne », en retraçant l’évolution de la sculpture italienne du Quattrocento jusqu’à la sublime Renaissance. Héritée d’une tradition millénaire et savante, la sculpture connaît à l’aube du XVe siècle un renouvellement flamboyant grâce à un travail extrêmement novateur sur l’expression des sentiments. Donatello et Michel-Ange, deux des sculpteurs les plus célèbres de l’histoire de l’art, sont les figures de proue de ces recherches qui aspirent à transcender époques et nations. L’exposition nous offre une relecture inédite de ces chefs-d’œuvre par une approche quasi-mystique qui relie corps et âme dans ces imposantes compositions. Complexes, elles héritent des modèles antiques pour traduire la vigueur et la puissance expressive des corps masculins à demi-dévoilés par des drapés charnels à la facture délicate. C’est un véritable théâtre des sentiments que met en scène ce parcours lyrique en 150 œuvres iconiques signées des plus grands sculpteurs de l’époque. Dans cette Italie profondément chrétienne des XVe et XVIe siècles, il incombe à l’artiste de rendre à son sujet le lien éternel et sublime qui l’unit à son Créateur. Le pathos religieux devient sujet de prédilection des artistes et les émouvantes figures des saints et de la Vierge, ainsi que le déchirement tragique du corps du Christ descendu de la Croix traduisent le combat acharné entre la fureur déchaînée et la grâce toujours triomphante. Une plongée fascinante au cœur de la Renaissance, marquée par la redécouverte de l’héritage gréco-romain, la passion pour le réalisme et une liberté de ton nouvelle.