Exposition Entrelacer. Collections du MUba

MUBA EUGÈNE LEROY
Du 4 avril au 1er septembre 2025

 

2

Comment naît un musée ? Non pas d'un seul trait de génie, mais d'un lent maillage de regards, de hasards, de paris. Cette exposition sensible raconte ce tissage invisible qui donne corps aux collections, aux œuvres, aux lieux mêmes.

Depuis les premiers achats du XIXe siècle jusqu’à la donation Eugène Leroy, le MUba Eugène Leroy dévoile ici ses sédiments, ses choix, ses silences aussi. Une nature morte du XVIIᵉ siècle dialogue avec un paysage de Courbet ; une abstraction vibrante répond à l'ombre lourde d'un portrait oublié. Dans une première galerie, c’est l’histoire d'une obsession qui se déroule : celle de fixer, siècle après siècle, la peinture dans ses métamorphoses. De Michel Bouillon à Marc Devade, les œuvres se répondent, se contredisent, s’épaulent, dessinant la cartographie d’un musée construit par amours successives et ruptures inattendues. Nous cheminons à travers les siècles, non pour suivre une progression scolaire, mais pour éprouver, tableau après tableau, la permanence d’une question : comment capter la vie par la matière ? Le fil rouge n’est pas une époque, un courant, ni même une technique : c’est un battement, une pulsation secrète qui relie Michel Bouillon à Marc Devade, Gustave Courbet à Eugène Leroy.

Plus loin, dans l’espace monumental de la grande nef, le parcours nous invite à changer de rythme : gestes arrêtés, éclats d’action suspendus, frémissements de la touche picturale. Certaines scènes figent la danse d’un vêtement en plein vol ; d’autres capturent un déséquilibre, une fuite, un basculement à peine amorcé. Ici, on ne contemple pas, on traverse. On devient un fragment du mouvement même que les artistes ont tenté d’arracher à l’immobilité. Dans ce double parcours, l’exposition révèle ce que cache souvent l’évidence d’une collection : son caractère profondément subjectif, vibrant, vivant.

Le MUba Eugène Leroy, avec son hôtel particulier transformé en musée dans les années 1930, porte lui-même la trace de ces sédimentations successives. À l’étage, dans l’ombre douce des grands murs, une sélection d’arts graphiques – dessins précieux, esquisses frémissantes – prolonge cette invitation à lire autrement les sillons laissés par le geste. Au détour d’une salle, sous la lumière discrète d’une œuvre de Sol LeWitt, on comprend : Un musée n’est pas un mausolée. C’est un corps vivant, pétri d’oublis, de choix amoureux, de survivances secrètes. Et nous, visiteurs, à notre tour, devenons le dernier fil d’un tissage qui ne cesse jamais.

MUBA EUGÈNE LEROY
Du 4 avril au 1er septembre 2025
2 rue Paul Doumer, Tourcoing

 


Vous aimerez aussi…

Yosra-Mojtahedi-Lilith-2023-Collection-Fondation-Francois-Schneider-©-Vincent-Schneider-1-web
  • Incontournable
  • Contemporain

Talents Contemporains - 13e édition à la fondation Fondation François Schneider

Fondation François Schneider
Jusqu'au 29 mars 2026

Sept regards sur un monde qui change, où la vulnérabilité, la mémoire et la métamorphose dessinent de nouveaux possibles.

Capture d'écran 2026-02-10 170129
  • Découverte
  • Photo

La Turquie de Jean Dieuzaide à l'Abbaye de Flaran

Abbaye de Flaran
Jusqu'au 22 mars 2026

En 1955, Jean Dieuzaide traverse la Turquie. Le voyage n’a rien d’une commande exotique ou d’un reportage au long cours calibré. Il s’agit d’une traversée attentive, presque silencieuse, menée avec…

2. Jacques Réattu, La Mort d'Alcibiade, 1796-1822 © Musée Réattu.TIF
  • Découverte
  • Incontournable

Réattu Réinventé : le musée, autrement

Jusqu'au 29 mars 2026
Musée Réattu

Il fallait oser confronter les œuvres. Oser faire dialoguer les siècles, bousculer les hiérarchies, réveiller des collections que l’on croyait connaître.

© Ange Abrate - Service Culture Saint-Gervais
  • Découverte

Ange Abrate : peintre des sommets...

Du 11 décembre 2025 au 1er novembre 2026
La Cure

Peintre-alpiniste, autodidacte et amoureux des horizons, Ange Abrate (1900–1985) a fait du massif du Mont-Blanc son atelier à ciel ouvert.