Nos images de l'exposition Sorry Sun, Quand le soleil dérape à la Fondation Pernod Ricard

Fondation Pernod Ricard
Du 16 septembre 2025 au 31 octobre 2025

 

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C’est une lumière qui ne console pas. Une lumière ambivalente, entre chaleur et brûlure. Comme un soleil en fin de règne. C’est sous ce signe que s’ouvre la rentrée de la Fondation Pernod Ricard avec Sorry, sun., une exposition à la fois dense, silencieuse, et profondément incarnée. Trois artistes y sont rassemblés, dans un même souffle : Saodat Ismailova, Alexandre Khondji et Hélène Yamba-Guimbi.

Trois regards, trois écritures plastiques qui interrogent ce que notre époque ne parvient plus à nommer – les récits brisés, les mémoires fragmentées, les seuils de l’invisible. Chez Saodat Ismailova, tout est affaire de mémoire enfouie. Cinéaste et artiste ouzbèke, elle mêle mythe et documentaire dans des récits vibrants, où les gestes oubliés des femmes d’Asie centrale, les rituels anciens et les blessures de l’histoire ressurgissent dans une lumière trouble. Son film enveloppe le visiteur, le plonge dans une narration fragmentaire et sensorielle, qui parle autant de transmission que de disparition.

Un récit en suspension, entre le chant et la plainte. Avec Alexandre Khondji, la lumière devient architecture. Ses installations, pensées en dialogue avec le lieu, rejouent les tensions de l’espace. Tuyaux, bâches, réservoirs : ses œuvres ont la souplesse des choses précaires, prêtes à rompre ou à contenir. À travers elles, c’est tout un monde d’artifices et d’assemblages fragiles qui se dessine, où le réel vacille, tendu entre apparition et effondrement. La lumière y agit comme un révélateur, traçant des formes provisoires à la surface du doute.

Et puis, il y a les formes lentes d’Hélène Yamba-Guimbi. Des sculptures, des photographies, des objets texturés qui surgissent de l’ombre comme autant de mémoires disloquées. Née à Rennes, formée en France et aux États-Unis, l’artiste explore les tensions du langage, les récits inachevés, les conflits souterrains. Par la répétition, l’effacement, les ruptures, elle invente une langue plastique puissante, fragile, habitée. Ses œuvres ne s’imposent pas – elles persistent, comme des échos.

Dans cette exposition, rien n’est stable. Ni les formes, ni les récits, ni même la lumière. Sorry, sun. est moins un constat qu’une traversée : celle d’un monde en bascule, pris entre espoir et désenchantement, entre promesse et fatigue. Un monde qu’il s’agit encore de regarder, d’écouter, de comprendre – en déjouant les certitudes, en laissant les formes parler à leur rythme.

Un nouveau cap
Pour ses 25 ans, la Fondation Pernod Ricard transforme son célèbre Prix en un nouveau programme, recentré sur l’accompagnement sur mesure de trois artistes émergents.
Chaque édition repose désormais sur un soutien élargi : exposition collective à la Fondation, publication critique, dotation pour un projet personnel, intégration dans les collections du Centre Pompidou… mais surtout un dialogue dans la durée. Pas de compétition, pas de palmarès. Un programme pensé comme un tremplin artistique et humain, au moment charnière d’un parcours. Sorry, sun. inaugure ce nouveau souffle avec une ambition claire : créer un lieu vivant, sensible et poreux aux urgences du monde.

Le saviez-vous ?
La Fondation Pernod Ricard propose des visites guidées gratuites, sans inscription.
Chaque mercredi à 12h et 18h, chaque samedi à 12h et 16h, des médiateurs vous accompagnent dans l’exposition, pour partager clés de lecture, récits d’œuvres et pistes de réflexion. Un format court, libre et vivant, idéal pour mieux comprendre les démarches des artistes ou simplement prolonger la découverte autrement.

FONDATION PERNOD RICARD
Du 16 septembre 2025 au 31 octobre 2025
1 cours Paul Ricard, 75008 - M° Saint-Lazare (3/12/13/14)
Du mar. au sam. 11h-19h, mer. 11h-21h
Entrée libre


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