Nos images de l'exposition John Singer Sargent - Éblouir Paris au Musée d'Orsay

Musée d'Orsay
Du 23 septembre 2025 au 11 janvier 2026

 

21

On l’a traité d’indécent. D’arrogant. De génie trop sûr de lui. En 1884, son portrait de Madame X fait scandale et lui ferme les portes du Salon. Pourtant, cette œuvre jugée trop sulfureuse deviendra l’icône du Metropolitan Museum of Art. John Singer Sargent, Américain flamboyant formé à Paris, est revenu bousculer l’histoire de l’art. Le musée d’Orsay rouvre le chapitre oublié de ses jeunes années françaises dans une exposition renversante. Une première monographie en France pour celui que Londres et New York encensent depuis un siècle. On y découvre un Sargent affamé de lumière et de liberté, aussi habile avec le velours des robes mondaines qu’avec la moiteur des scènes orientales.

Près de 90 tableaux, dont certains jamais montrés à Paris, retracent ses débuts parisiens : l’élève de Carolus-Duran, le dandy cosmopolite, le génie précoce qui peint comme on défie. Avec des portraits vibrants de style, des compositions audacieuses, Sargent fige une époque en mouvement, où le luxe des salons côtoie les remous d’un monde en pleine mutation.

Et en point d’orgue ? Le retour à Paris de Madame X, prêtée par le Met, pour la première fois depuis le jour du scandale. Un face-à-face historique, glaçant et somptueux.

Zoom sur… Madame X
En 1884, John Singer Sargent croit peindre son chef-d’œuvre. Il choisit pour modèle Virginie Gautreau, mondaine franco-américaine au teint de porcelaine, fascinante et controversée. Dans une robe noire au décolleté audacieux, une bretelle glissant de l’épaule, Madame X scandalise le Salon. On juge le portrait immoral. La presse s’acharne, la mère de Virginie implore qu’on décroche la toile « qui tue sa fille de honte ». Sargent, discrédité à Paris, fuit Londres avec son tableau sous le bras. Il retouche la bretelle, cache l’œuvre pendant vingt ans. En 1905, il l’expose à nouveau : les mentalités ont changé. L’œuvre est acclamée. En 1916, il l’offre au Met, où elle devient l’icône d’un génie incompris trop tôt.

 

MUSÉE D’ORSAY
Du 23 septembre 2025 au 11 janvier 2026
Esplanade Valéry Giscard d'Estaing, 75007 -M° Solférino (12)
Du mar.au dim. 9h30-18h, le jeu. jsq. 21h45 – Fermé le lun.
Tarif : 16 € - TR : 13 € - Gratuit - 26 ans 


Vous aimerez aussi…

Mickalene Thomas, Clarivel Face Forward Gazing, 2024, strass, peinture acrylique et huile sur toile montée sur panneau de bois, 243,84 x 365,76 cm © Adagp, Paris 2025
  • En amoureux
  • Contemporain

Mickalene Thomas, All About Love...

Grand Palais
Du 17 décembre au 5 avril 2026

Au Grand Palais, l’amour prend le pouvoir. Il s’affiche, scintille, s’assume. Mickalene Thomas, figure iconique de la scène new-yorkaise, signe une explosion visuelle où le glamour se mêle à la politique, le désir à la revendication.

87_GilbertGeorge
  • Actu
  • Découverte

Exposition Humanité à la Fab

La Fab. – Fonds de dotation agnès b.
Du 21 novembre 2025 au 22 mars 2026

  Des rues de Bamako aux plages anglaises, des rings new-yorkais aux utopies en carton, la Fab. déploie un album visuel aussi éclaté que notre monde. On y croise les portraits intemporels de…

38. Petero by Cliff, Fiji, Nick Brandt (1)
  • En famille
  • Découverte

Migrations et Climat au Palais de la Porte Dorée

PALAIS DE LA PORTE DOREE 
Du 17 octobre au 5 avril 2026

Et si l’histoire de l’humanité s’écrivait avant tout comme une suite de départs et d’arrivées, de terres quittées et de rivages découverts ?

4. Unearthed - Sunlight (1)
  • Incontournable
  • Découverte

Exposition Otobong Nkanga. Rêver en couleurs au Musée d'Art Moderne de Paris

MUSÉE D’ART MODERNE DE PARIS
Du 10 octobre 2025 au 22 février 2026

Née à Kano, au Nigeria, en 1974, Otobong Nkanga tisse depuis trois décennies une œuvre qui relie matière et histoire, blessures et réparations.