Les origines de l'Art brut suisse à Lausanne

COLLECTION DE L’ART BRUT, LAUSANNE 
Jusqu’au 27 septembre 2026

Le roman familial

 

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Sans Jean Dubuffet, la Collection n’existerait pas. Tout commence en 1948, à la Compagnie de l’Art Brut, club secret parisien où le peintre français rassemble, classe et collectionne les œuvres faites par celles et ceux que la société préfère oublier : internés psychiatriques, médiums spirites, prisonniers, autodidactes obstinés. Vingt ans plus tard, en 1971, Dubuffet offre sa collection à la ville de Lausanne, qui l’installe en 1976 dans l’élégant château de Beaulieu – un lieu modeste pour une révolution. Cinquante ans après cette donation fondatrice, la maison se retourne sur son propre roman familial.

Les œuvres-cardinales d’Aloïse Corbaz, internée à La Rosière de Gimel, dont les amours dessinées au crayon de couleur firent date, voisinent avec celles d’Adolf Wölfli, mythique pensionnaire bernois aux symphonies peintes, et avec celles d’Heinrich Anton Müller, paysan vaudois qui sculpta jusqu’à son dernier souffle. Ces trois-là demeurent les saints patrons de la maison. Mais la rétrospective sort aussi des acquisitions récentes, jamais montrées : la collection compte désormais plus de soixante-dix mille pièces et continue de s’enrichir auprès de scènes brutes contemporaines, africaines, asiatiques et sud-américaines. Le parcours s’achève sur une salle d’archives – lettres de Dubuffet, premiers catalogues, photographies des chasseurs d’art brut qui sillonnent l’Europe d’après-guerre. Une exposition majeure autour de plus de trois cents œuvres pour les cinquante ans de l’institution.

COLLECTION DE L’ART BRUT, LAUSANNE 
Jusqu’au 27 septembre 2026

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