Hammershøi au musée des beaux-arts de Zurich
KUNSTHAUS ZÜRICH
Du 3 juillet au 25 octobre 2026
Hammershøi, le peintre du silence
Il est le peintre du silence – le seul, peut-être, qui ait fait du peu un programme. Vilhelm Hammershøi (1864-1916), Danois pâle et secret, peignait des pièces vides où la lumière s’attardait sur les moulures, des nuques féminines tournées vers la fenêtre, des portes entrebâillées qui ne menaient nulle part. À Zurich, cent cinquante peintures, dessins et photographies, en partie prêtés par la SMK de Copenhague, déroulent cette obstination clinique : Ida, l’épouse, posant perpétuellement de dos comme un défi au portrait ; l’intérieur de Strandgade 30, son adresse-fétiche, décliné comme une fugue de Bach ; les paysages funèbres de Frederiksborg qui se dissolvent dans la brume scandinave. Diaghilev voulut l’acheter, Rilke s’en émerveilla, Strindberg le défendit – et la postérité préféra pourtant Munch.
Vermeer revu par Bergman, Bonnard sans la couleur, parrain méconnu de Mark Rothko, d’Edward Hopper, de James Turrell : la rétrospective restitue l’ampleur d’une influence souterraine et durable, des compositions photographiques de jeunesse jusqu’aux derniers paysages crépusculaires. Le commissariat propose un parcours d’une lenteur étudiée, ponctué de citations littéraires qui accompagnent ce silence en sourdine. La salle des nus, où l’austérité bascule soudain dans le trouble, vaut à elle seule le voyage zurichois. Restent les autoportraits ultimes, peints jusqu’à la mort du peintre, à cinquante et un ans, d’un cancer de la gorge, qui scellent l’œuvre d’une signature impossible.
KUNSTHAUS ZÜRICH
Du 3 juillet au 25 octobre 2026






