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Paul Fryer : L’éternel incompris

Lucifer - Paul Fryer

Utilisant la cire et le modelage, Paul Fryer, artiste britannique contemporain, créé des installations spirituelles et effrayantes, aux allusions religieuses. Il aime travailler des modèles humains, des mannequins tout aussi réalistes qu’irréels. Si ceux-ci lui plaisent, c’est pour la simple raison qu’ils semblent vivants, touchant les spectateurs de manière plus directe – et les choquant davantage.

Au cours de sa carrière, Fryer a été, de nombreuses fois, accusé de blasphème, créant des révoltes au sein de la religion chrétienne, qui s’insurge et refuse de reconnaître son travail comme de l’art. Pourtant, si l’artiste utilise la spiritualité et la religion dans ses œuvres, ses critiques ne sont pas tournées vers elles. Références bibliques et échos au Christ, Fryer voit les sujets de ses sculptures comme des références littéraires. Lui-même croyant, il déclare d’ailleurs : « les symboles et iconographies religieuses m’appartiennent et je suis libre d’en faire ce que je veux. » Un argument sans appel, qui ne facilitera pas ses relations avec l’Eglise.

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La Pieta - Paul Fryer

 

Vingt ans après le Piss Christ d’Andres Serrano, Paul Fryer prend la relève, et créé une nouvelle polémique. Sa première création, La Pieta, choque et étonne : un Christ saignant et couvert de bleus, installé sur une chaise électrique. Alors que l’engagement de l’artiste semble clair - dénoncer la peine de mort – celui-ci est accusé de blasphème, attaqué pour son choix de représenter une figure religieuse. Fryer expliquera par la suite qu’il a souhaité représenter le Christ pour changer l’opinion des gens : Seules les personnes vraiment à l’aise avec la peine de mort peuvent regarder cette œuvre sans broncher, puisque le Christ avait finalement lui aussi été condamné.

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Black Pieta - Paul Fryer

Ignorant ses détracteurs, l’artiste va plus loin et façonne une deuxième vision de La Pieta, cette fois représentant le Christ en homme noir, épuisé, émacié et affamé. Cette nouvelle relecture de la Bible déplait d’autant plus à l’Eglise, tandis que Fryer défend son œuvre, niant la dimension blasphématoire de sa création, et affirmant qu’il souhaite simplement dénoncer le nombre d’afro-américains présents dans les couloirs de la mort aux Etats-Unis.

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The Privilege of Dominion - Paul Fryer

Enfin, toujours plus activiste, une dernière sculpture intitulée « The Privilege of Dominion » voit le jour. C’est l’insurrection parmi les opposants de l’artiste, qui le voient désormais comme un provocateur, et sa réalisation comme « une perversion du symbole chrétien, qui n’est en aucun cas de l’art ». L’œuvre, pourtant, est impressionnante, représentant un singe crucifié, dénonçant la traite des gorilles des plaines de l’ouest, en danger d’extinction. La dimension religieuse, explique Fryer, n’est pas évidente, puisqu’il a simplement illustré une crucifixion, un rituel commun et pas propre au Christ. C’est la décision de l’Eglise, ajoute-t-il, de voir l’œuvre comme une référence à la condamnation de Jésus.

Pourtant, il y a une poésie certaine dans les installations de l’artiste. Une atmosphère sombre et lourde, presque menaçante, nourrie par la littérature et l’histoire. Son Lucifer, par exemple, est majestueux. Installé dans une vieille Eglise, une figure noire, huileuse aux immenses ailes blanches est prisonnière de câbles, comme une dénonciation de l’importance des nouvelles technologies, et de leur impact sur des valeurs plus anciennes. La poésie est évidente, et le lieu sublime la création, on notera d’ailleurs que l’installation est reliée et éclairée par l’église. Alors que Fryer n’a pas souhaité expliquer sa vision de Lucifer, on ne peut s’empêcher de percevoir une provocation dans cette idée que le bâtiment religieux alimente et retient le diable.

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