Requiem pour les Barthélemy
Requiem pour les Barthélemy

Judit Reigl - Travailler au corps

Du 1er juin au 19 août 2018 -
Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris //

  • Judit Reigl, Corps au pluriel, 1983
  • Judit Reigl, Homme, 1968
  • Judit Reigl, Hydrogène, 1984
  • Judit Reigl, New York, 2001
  • Judit Reigl, Suite de déroulement, 1977

 

« Le corps est le plus parfait instrument et le plus tragique obstacle » : c’est ainsi que Judit Reigl définit son art. Côtoyant les deux grands mouvements artistiques du XXe siècle, le surréalisme et l’abstraction, l’artiste a su se faire une place dans le Paris de la fin des années 1950 par la puissance de son art gestuel.

Bercée par le principe d’écriture automatique, elle réemploie cette théorie dada dans un style abstrait à la vitesse d’exécution folle, incluant une véritable implication physique de la part de l’artiste. « Vous êtes en possession de moyens qui me stupéfient et je vous vois en mesure d'accomplir des choses immenses » disait à son sujet André Breton : il ne se trompait pas. Il faut dire que l’artiste hongroise originaire de Budapest a traversé le rideau de fer pour fuir la guerre et le stalinisme.

Après un hommage à son œuvre en 2016 par l’exposition de ses peintures dans plusieurs galeries parisiennes, l’artiste rejoint donc les prestigieuses collections du Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris. Avec l’achat d’une œuvre de la série New York, 11 septembre et le don de cinq peintures du Fonds de Dotation Judit Reigl, le musée complète sa collection. Cette série réalisée suite aux attentats de 2001 fait écho à toute la carrière du peintre : elle y questionne encore la gestuelle de l’artiste face à la toile et le matériau, mais surtout la représentation du corps en apesanteur plongeant dans le vide, qu’elle avait introduit dès 1966 avec sa série Homme : des torses humains, souvent masculins, en chute libre.

En corps à corps avec son art, l’artiste de 95 ans n’a pas dit son dernier mot.



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