The Painters Project - Galerie Hegoa
The Painters Project - Galerie Hegoa

Marie-Antoinette à la Conciergerie

La Conciergerie
Jusqu'au 20 janvier 2020

MÉTAMORPHOSES D’UNE IMAGE

  • Vue d'exposition Marie-Antoinette - Paris
  • Vue d'exposition Marie-Antoinette - Paris
  • Vue d'exposition Marie-Antoinette - Paris
  • Vue d'exposition Marie-Antoinette - Paris
  • Vue d'exposition Marie-Antoinette - Paris
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  • Vue d'exposition Marie-Antoinette - Paris
  • Vue d'exposition Marie-Antoinette - Paris
  • Vue d'exposition Marie-Antoinette - Paris
  • Vue d'exposition Marie-Antoinette - Paris

 

Peu de femmes dans l'histoire de France ont déchaîné les passions comme Marie-Antoinette a pu le faire. C’est pour cette raison que l’étude de ses représentations est captivante, de son vivant comme après sa mort et jusqu’à nos jours. Autrichienne en France, malheureuse à la cour, elle semblait constamment entourée d'un parfum de scandale, comme Versailles y est propice. Aimée et détestée, l'épouse de Louis XVI qui a vécu l'un des destins les plus singuliers du XVIIIe siècle est devenue une icône. Venez marcher sur les pas de Marie-Antoinette dans un lieu habité par sa mémoire, ici à la Conciergerie. Car c’est dans ce magnifique vestige gothique du Palais de la Cité, haut-lieu de la Révolution transformé en prison, que notre reine finira ses jours. Sa dernière demeure donc.

  • Marie-Antoinette quittant la Conciergerie, le 16 octobre 1793.
  • Marie-Antoinette, Sofia Coppola, 2006. Décor recontritué de la chmabre de la reine. Anne Seibel décoratrice. © Anne Seibel
  • Portrait en buste de la reine Marie-Antoinette, Alexandre Kucharski © Château de Versailles, Dist. RMN - Christophe Fouin
  • Rafraichissoir à verres, Manufacture de Sèvres, 1784 © Château de Versailles, Dist. RMN - © Christophe Fouin
  • Robe - manteau, Passage 3, Printemps Eté 2005 John Galliano, Dior © Laziz Hamani
  • Royal Blood, Marie-Antoinette, † 1793, 2000, © Erwin Olaf
  • Soulier de Marie-Antoinette, Musée des beaux-arts de Caen © Patricia Touzard

 

Au-delà du fameux portrait dit « à la Rose » d'Elisabeth-Louise Vigée-Lebrun qui habite l’imaginaire collectif et ouvre l’exposition avec une installation lumineuse, on découvre la reine de manière éclectique avec plus de 200 œuvres croisant les époques et les disciplines. On y croise des grands noms comme Sofia Coppola avec des images de son biopic aussi esthétique que décalé, Botero avec une toile reprenant le portrait à la rose, ou Dior et ses robes dignes des plus grands fastes Versaillais. L’exposition fait dialoguer avec brio des éléments d’époque – caricatures, gravures et objets personnels – avec des œuvres contemporaines pour mieux interroger l’héritage de ce destin historique. Pourrez-vous démêler le vrai du faux dans ces représentations d’un personnage tour à tour bourreau et martyr, princesse idéale ou « reine scélérate », et connaître la femme qui se cache derrière ces nombreux visages ? Une exposition complète et incontournable pour qui souhaite comprendre celle qui connaît aujourd’hui un « revival » pop étonnant.

 

Marie-Antoinette : Mythes et réalités

L'occasion pour nous de faire un point sur la Reine. Personnage controversé, tour à tour adoré et haï, Marie-Antoinette a suscité bien des rumeurs, de son vivant et longtemps encore après sa mort. Calomnies ou vérités ? À l’occasion de l’exposition qui lui est consacrée à la Conciergerie, examinons 10 épisodes rapportés à propos de la célèbre reine et tentons de démêler le vrai du faux.

Qu’ils mangent de la brioche ? Faux !

Certains rapportent que Marie-Antoinette était tellement déconnectée des terribles conditions de vie de son peuple qu’elle aurait répondu avec insolence qu’en l’absence de pain, il n’y avait qu’à prendre de la brioche… Cette citation est en réalité tirée des Confessions de Rousseau, dans lesquelles l’auteur évoque « une grande princesse » répondant à ses « paysans qui n’avaient pas de pain » qu’ils n’avaient qu’à « manger de la brioche ». Mais ce célèbre récit autobiographique du philosophe des Lumières fut écrit entre 1765 et 1770, période à laquelle la future reine n’avait que 10-15 ans.

Impopulaire ? Faux … puis vrai !  Quand la dauphine autrichienne au visage angélique arrive à la cour, âgée de 15 ans, elle fait l’unanimité. Le peuple voit en elle une reine idéale, belle, élégante, sensible. Mais la situation va rapidement se dégrader, sa réputation se cessant d’être entachée par de sombres rumeurs, notre jeune reine sera vite détestée.

Un syndrome Marie-Antoinette des cheveux blancs ? Toujours un mystère !  Selon la légende, la chevelure de la reine devint blanche la veille de son exécution, le 16 octobre 1793. Pour l’écrivain Sainte-Beuve, c’est deux ans plus tôt lors de son arrestation après la fuite de Varennes en juin 1791 que l’étrange phénomène eut lieu : « en une seule nuit, ils étaient devenus blancs comme ceux d'une femme de soixante-dix ans. ». Une équipe de scientifiques soulève de nouveau la question en 2008 dans le Journal of the Royal Society of Medicine : « Blanchissement soudain des cheveux : une fiction historique ? » Pour l’heure, nul ne peut expliquer avec précision ce phénomène, même s’il est scientifiquement prouvé qu’un choc violent pouvait générer la perte de pigmentation des cheveux.

Une reine-catin ? Faux ! A l’époque, les rumeurs n’en finissent pas. On prête toutes sortes de liaisons improbables à la reine que l’on traite de tous les noms, à la rue comme à la cour. Idée aussi impensable que scandaleuse en son temps, elle est même soupçonnée de faire de son amie la princesse de Lamballe sa maîtresse. Selon les historiens pourtant, elle n’eut qu’un seul amant, le suédois Axel de Fersen. Le roi était de son côté très fidèle et on ne lui connaissait pas de favorites.

Madame Déficit ? Vrai ! L’épouse de Louis XVI méritait bien ce surnom-là. Très dépensière, elle est une icône de mode de son vivant et collectionne robes et bijoux, ce qui engendre la colère du peuple dans une période où la guerre d’Amérique vide déjà les caisses du royaume. Cependant, d’anciennes favorites de la cour comme la Pompadour étaient connues pour faire des folies comparables.

Stérile ? Faux !  Le mariage de Marie-Antoinette et du roi ne fut consommé qu’en 1777, soit sept ans après leur union officielle. L’absence d’héritier alimentait les rumeurs à la cour… Ceci s’expliquait par un dysfonctionnement érectile de Louis XVI, qui sera résolu suite à une opération, mais aussi par sa timidité maladive : il n’a en effet accepté de dormir avec son épouse que dix mois après leur mariage.

Derrière l’affaire du collier ? Faux !  En 1786, la reine se serait fait offrir une parure de diamants d’une valeur inestimable par un amant cardinal… C’est un complot qui vise à discréditer les deux figures, et qui s’est montré efficace quand bien même leur culpabilité n’a jamais été prouvée. La presse en fera ses gros titres, et Marie-Antoinette est définitivement haïe à la veille de la Révolution. L’ancêtre des fake-news médiatisées pour retourner les peuples ?

Mauvaise mère ? Faux !  C’est sans doute l’accusation la plus injuste dont Marie-Antoinette fut victime, traitée de négligente, allant jusqu’à être accusée d’inceste lors de son procès de 1793. Pourtant, elle fut l’une des seules reines de l’Histoire de France à s’occuper personnellement de ses enfants et consacrait beaucoup de son temps au dauphin malade.

La bergère du Trianon ? Vrai ! À Versailles, le Petit Trianon était le séjour favori de la reine qui y donnait des fêtes réputées scandaleuses. À l’une de ces occasions, elle vint déguisée en limonadière et joua à la marchande dans une salle de bal où l’on fit venir des animaux de ferme...

Une influence politique sur le roi ? Vrai et faux… L’Autrichienne tente de guider son époux dans son choix de ministres, conseillée par des amis intéressés. Pourtant, les historiens s’accordent à dire qu’elle n’avait pas d’influence majeure. Clairvoyante, elle confie dans une de ses lettres “je laisse croire au public que j'ai plus de crédit que je n'en ai véritablement, parce que, si on ne m'en croyait pas, j'en aurais encore moins.”. Celle qui refusait de vivre dans l’ombre du roi tenait tout de même furieusement à son indépendance.

 



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