Quand Fellini rêvait de Picasso

La Cinémathèque française
Jusqu'au 28 juillet 2019

Réunir Fellini - monstre sacré du 7e art - et Picasso - inventeur de la peinture moderne - cela tient du casting de rêve pour une exposition !

Alors c’est vrai qu’on associe plus facilement Fellini à un univers artistique baroque, aux toiles de Brueghel ou de Jerôme Bosch, qu’à l’œuvre cubiste de Picasso. Pourtant, la Cinémathèque de Paris a décidé de convier les deux génies autour d’un dialogue artistique imaginaire. Imaginaire, parce qu’aussi incroyable que cela puisse paraître, Fellini et Picasso - qui s’admiraient et côtoyaient la même sphère artistique et people - ne se sont jamais rencontrés dans la réalité.

Alors qu’est-ce qui peut bien rapprocher le créateur de la Strada, de la Dolce Vita ou de Casanova de celui des Demoiselles d’Avignon et de Guernica ?

Certains connaissent peut-être déjà Le Livre de mes rêves de Fellini, ouvrage qui rassemble les dessins que lui inspiraient ses songes, soigneusement consignés dans un carnet dans le cadre de sa psychanalyse. Et c’est de cette manière que l’on a pu découvrir l’incroyable admiration que le cinéaste vouait à Picasso, de près de 40 ans son ainé. Les deux hommes se rencontreront ainsi – en rêve - à trois reprises, des rêves qui interviennent chez Fellini dans des périodes de doute, voire de crises artistiques. Il décrit alors le peintre comme une figure paternelle, qui saura –espère -t-il sans doute inconsciemment- le guider. 3 rêves donc. Comme base d’exposition. Le premier intervient quand Huit et demi (1963) prend forme, et Picasso y apparaît avec un visage qui tient du masque primitif et une tenue estivale à la limite du cliché ; le second annonce son Satyricon (1969), œuvre dans laquelle on reconnaîtra d’ailleurs des clins d’œil à l’œuvre du maître catalan ; et le troisième correspond à la réalisation de La Cité des femmes (1980). Le thème de la femme étant un véritable trait d’union entre les deux artistes. Au-delà de ces rencontres fantasmées, l’exposition fait dialoguer Fellini et Picasso en créant un jeu de miroirs autour de leurs univers partagés, on pense au cirque ou à la corrida notamment, mais aussi leur fascination pour l’Antiquité et la mythologie, le goût des masques et évidemment nous l’avons dit déjà, leur obsession pour la femme. Leur sens inné de la mise en scène, parfois apocalyptiques d’ailleurs, leurs personnages exubérants, la joie de vivre toujours teintée d’une petite touche de mélancolie, sans oublier bien sûr l’humour et l’autodérision des deux créateurs.

Ici les plus grandes œuvres de Fellini, extraits filmiques, mais aussi croquis de tournage, caricatures, indications pour les décorateurs, accompagnés d'affiches et de costumes qui côtoient l'univers polymorphe de Picasso, composé ici d’une cinquantaine d’œuvres rarement vues du public (peintures, dessins à l'encre ou au fusain, gravures, sculptures de bronze, céramiques...).

L’exposition est en elle-même un véritable chef-d’œuvre « des » arts, qui  ravira aussi bien les amateurs de grand cinéma que ceux d’art moderne.

  • Dessin de costume pour Cabiria (Matilde)
  • Satyricon de Federico Fellini, 1969
  • La Mort de Charlotte Cordayde de Pablo Picasso, Frédéric Rossif - 1950
  • Pablo Picasso, homme nu contemplant sa compagne endormie (Hombre desnudo contemplando a su compañ,era dormida) Dinard, 1922, Crayon et huile sur bois, 19 x 24 cm
  • Guido Anselmi (Marcello Mastroianni) (8 ½)
  • Giulietta Masina dans La Strada de Federico Fellini, 1954
  • Federico Fellini. Rêve du 22 janvier 1962.Le Livre de mes rêves, volume I
  • Federico Fellini. Rêve du 18 janvier 1967. Le livre de mes rêves, volume
  • Federico Fellini. Le Livre de mes rêves, volume I
  • Federico Fellini
  • Pablo Picasso. Minotaure dans une barque sauvant une femme, Paris, mars 1937. Encre de Chine et gouache sur carton, 22 x 27 cm
  • Pablo Picasso. Femme debout de dos, Paris, 1908Encre noire et crayon sur papier, 47,5 x 32 cm
  • La Dolce Vita, 1960 -Collection Fondation Jérôme Seydoux-Pathé
  • La Dolce Vita, 1960 -Collection Fondation Jérôme Seydoux-Pathé (1)
  • David Douglas Duncan. Pablo Picasso portant un masque de clown

 

RENCONTRE AU SOMMET

Tout le monde connaît Federico Fellini, ce génie du cinéma, auteur de films célèbres comme La Dolce vita ou La strada. Ce que vous ignorez peut-être, en revanche, c’est qu’il vouait un véritable culte à Picasso. S’il a d’ailleurs bien rencontré le peintre cubiste au moins une fois en vrai au Festival de Cannes de 1961, celui-ci lui est également apparu en rêve par quatre fois. Le Picasso rêvé est à chaque fois chaleureux et paternel avec le cinéaste italien et l’encourage dans son art, comme une sorte de « compagnon de voyage ». Vous ne devez surtout pas voir cette rencontre proposée par la Cinémathèque comme une comparaison, mais plutôt comme un dialogue imaginaire entre les deux artistes, malgré la distance géographique et temporelle et la différence de médiums qui les séparent. Grâce aux affiches de cinéma, aux photographies et aux costumes présentés ainsi que la soixantaine d’œuvres de Picasso exposées et les extraits de films de Fellini ou ceux où Picasso apparaît comme Le Mystère Picasso de Clouzot, vous découvrirez que les deux personnalités se ressemblent beaucoup. Tous deux partagent les mêmes obsessions, la même sensibilité et chérissent les mêmes thèmes comme celui de la femme, qu’elle soit tendre et fatale, prostituée ou idéalisée, qu’elle vienne du cirque ou de la mythologie. Lorsque l’on comprend ce rapport ambivalent entre les deux hommes, on se rend compte à quel point l’art de Picasso se reflète dans le cinéma de Fellini. L’exposition vous propose donc de poser un nouveau regard sur l’art de ces deux géants résolument visionnaires, qui ont marqué notre histoire et qui nous ont laissés en héritage, une œuvre majeure et colossale.

This exhibit compares the art of Picasso, the master of painting, and of Fellini, the talented filmmaker. It’s the perfect opportunity to rediscover them !

Nos photos de l'exposition :

  • Vue de l'exposition Quand Fellini rêvait de Picasso, Cinémathèque, Paris
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