On a testé pour vous : l'exposition en ligne "Trop fou pour toi"

MUSÉE DE LA SACEM
Jusqu'au 23 juillet 2020

50 ans de hard rock, heavy metal et metal français

C’est une exposition d’un nouveau genre que l’on voulait vous présenter ici. Connaissez-vous déjà son musée ? Le musée de la Sacem, société des artistes compositeurs et éditeurs de musique. Où est-il donc ? Eh bien partout, à commencer par chez vous. Le principe – génial – créer un musée en ligne, et le faire vivre avec des expositions thématiques, des chroniques, des hommages et des archives inédites. Des trésors de notre patrimoine musical, enfin partagés avec le public, et ce, totalement gratuitement. L’objectif : parfaire sa culture musicale, s’ouvrir à des musiques méconnues mais surtout inaccessibles autrement, découvrir une autre histoire de la musique, librement, dans tous les sens du terme.

Et pour commencer cette saga musicale, on vous propose de visiter ensemble l’exposition consacrée au métal français… Non n’ayez pas peur. Cette exposition est justement l’occasion de comprendre pourquoi ce mouvement honni par la majorité, qui le trouve horrible, criard ou agressif, est aussi vénéré par une minorité, pour qui il a changé la vie. Pas besoin donc de vous rendre dans un concert d’afficionados extrêmes avec des bouchons dans les oreilles, vous allez pouvoir découvrir cet univers singulier à votre rythme, et à votre volume sonore aussi ! Ça n’est que dans les années 1970 que des groupes français ont été reconnus par la communauté Metal. Mais qui étaient-ils ? Une exposition conçue de manière intelligente pour nous permettre d’entrer dans ce monde d’initiés à notre rythme, de découvrir des pépites de notre patrimoine, totalement insoupçonnées. Si vous êtes connaisseur, cette exposition est une bombe d’archives exceptionnelles, du son comme on n’en retrouverait que dans le grenier d’un vétéran du Metal qui aurait su sauver les bandes fragiles de ses cassettes audio… C’est un peu le rôle de la Sacem aujourd’hui d’ailleurs. Redonner une nouvelle vie à ces musiques d’anthologie, et les réinscrire comme un jalon-clé dans l’Histoire de la musique.

Si vous êtes plutôt néophyte, vous découvrirez un monde « trop fou pour toi », comme le titre du deuxième album des Satan Jokers sorti en 1984. Vous apprendrez à distinguer le hard rock du heavy metal, le métal trash du black metal. Vous pénétrerez dans une communauté codifiée, une scène musicale qui valorise la culture du secret – ne serait-ce qu’à travers le graphisme élaboré et difficilement déchiffrable des noms de groupes –et qui s’envoyait les cassettes par la poste plutôt que de les vendre dans les enseignes musicales. Et vous pourriez même tomber sous le charme de cette contre-culture à l’atmosphère noire parfois peu intelligible à la première écoute, mais finalement empreinte d’une spiritualité révoltée – allant parfois jusqu’au satanisme ou à la sorcellerie – mais revendiquant avant tout une rébellion contre un système aliénant, une posture qui pourrait bien encore faire écho aujourd’hui….

Une musique expérimentale moins barbare qu’elle n’y paraît, exit les guitares lourdes et le son pourri (parfaitement assumés), vous affinerez votre oreille comme l’odorat pour un bon vin, jusqu’à percevoir des notes inspirées du jazz ou du classique wagnérien – eh oui !

 

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Qu’on les aime ou non, ils nous ont toujours fascinés : les metalleux. En France, ces bêtes de scène fêtent leurs 50 ans. A cette occasion, la Sacem propose une rétrospective des pionniers français qui ont façonné ce style musical.

Si les termes hard rock ou encore heavy metal émanent directement de l’Anglais, le parcours des frenchies metalleux n’en est pas moins remarquable sur un plan musical, créatif et scénographique. Il faut dire que la percée de ce genre musical s’est un peu faite dans la douleur, notamment pour Les Variations, premier groupe de Hard Rock français. Ignorés dans leur pays natal qui ne jure que par les géants anglo-saxons, ils partent pour les États-Unis, mais s’épuisent malheureusement, étouffés par la concurrence. Leur génie rappelle pourtant modestement Led Zeppelin ou les Rolling Stones. Mais qu’on ne s’y trompe pas, le Métal à la Française s’est aussi construit en opposition avec le modèle américain à l’instar du collectif Magma, inspiré du jazz ou du classique wagnérien. Dans cet esprit de rébellion, impossible de passer à côté de Trust, premier groupe engagé à la renommée internationale.

Autour d’archives visuelles aussi décapantes que touchantes et d’une playlist Hard rock 100% français, le Musée Sacem et son exposition digitale sont à l’image du nom de ce cinquantenaire et par la même, du titre du deuxième album du groupe Satan Jokers sorti chez Phonogram en 1984 : trop fous pour vous ! 

Metal bands are not only american or british. Within its own website, The Musée Sacem reminds us the incredible french musical inheritage.

Focus - Un musée pas comme les autres

Si vous pensiez que le concept de ce musée 100% en ligne et gratuit avait été conçu pour les casaniers, vous faites fausse route !

Depuis sa création en 1851, la Société des Auteurs, Compositeurs et Editeurs de Musique – Sacem –  a collecté des kilomètres de documents administratifs qu’il fallait bien stocker quelque part. Plutôt que d’en faire une paperasse indigeste, le musée Sacem en a fait un patrimoine dématérialisé à la disposition de tous ! Chaque pièce immortalise le parcours d’artistes et de leurs collaborateurs à travers des formats aussi multiples qu’originaux : demandes et actes d’adhésion, examens d’entrée, correspondances, coupures de presse, photographies, bulletins de déclaration d’œuvres, partitions et petits formats, programmes et revues. Un voyage dans l’âme de la musique.

 

MUSÉE DE LA SACEM
Jusqu'au 23 juillet 2020
Accès direct à l'exposition.


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