Hans Hartung - La Fabrique du geste

Mam - Musée d’Art moderne de la Ville de Paris
Du 11 octobre 2019 au 1er mars 2020

  • Hans Hartung, Sans titre, 1955
  • Hans Hartung, T1949-9, 1949
  • Hans Hartung, Sans titre, 1940
  • Hans Hartung, Sans titre, 1935
  • Hans Hartung,T1934-2, 1934
  • François Walch, Hans Hartung dans son atelier d’Antibes, 1975 Photographie
  • Hans Hartung , T1989- K35, 1989

 

« Je veux rester libre. D’esprit, de pensée, d’action. Ne pas me laisser enfermer, ni par les autres, ni par moi‑même ».

À l’occasion de sa réouverture après une année de travaux de rénovation, le Musée d’Art moderne convoque Hans Hartung, l’un des plus grands artistes du XXe siècle, pourtant encore méconnu du grand public. Cela faisait puis plus de 50 ans qu’il n’était pas revenu entre ses murs, et la rétrospective que lui réserve le musée est pour le moins spectaculaire. 300 œuvres, choisies parmi les 15 000 réalisées par l’artiste, témoignent ici d’un parcours hors-norme. Si Hans Hartung fut le précurseur de l’une des inventions artistiques les plus marquantes de son temps – l’abstraction –, il incarne aussi et surtout une modernité sans compromis. Chercheur infatigable, expérimentateur compulsif, acteur d’une révolution artistique qui libèrera le geste, l’artiste traversera son siècle – de la montée du fascisme dans son pays d’origine l’Allemagne à la précarité de l’après-guerre en France – guidé par une soif effrénée de liberté. Ni la guerre ni la misère ni même le handicap ne freineront sa rage de peindre. Sur le front, il ne se sépare jamais de ses crayons et de ses pinceaux, réalisant une série de visages poignante, non sans rappeler Guernica de Picasso. Des visages qui incarnent la peur avec leurs yeux écarquillés et leur bouche béante, dessinés en 1940, lorsque Paris tombe aux mains des Allemands.

Puis survient le drame. Nous sommes en 1944, pendant la campagne de libération de l’Alsace, Hartung est blessé et doit être amputé de la jambe droite. Ne pouvant plus se battre physiquement, notre artiste se fera plus résistant encore. De façon à surpasser les contraintes physiques qui s’imposaient à lui, Hartung a su inventer de nouvelles manières de peindre jusqu’à devenir l’un des premiers artistes gestuels, annonçant l’action painting d’un Pollock. Comment ne pas se laisser absorber par la puissance de ses œuvres, cette énergie vitale qui se dégage de la toile. D’un trait sobre et vigoureux, son style glissera vers des gestes presque calligraphiques, amples, rapides, nerveux. Sa gamme colorée – restreinte – joue sur des tons froids, presque acides : le bleu, le turquoise très clair, le jaune citron tirant sur le vert kaki, une palette qui prendra à la fin de sa vie des accents inattendus, s’autorisant des jaillissements de couleurs presque psychédéliques.

Hans Hartung a réussi. Il a surmonté son handicap physique pour inventer une peinture nouvelle, celle du geste. Et il ira plus loin, jusqu’à s’affranchir du pinceau, de la main et du corps, en utilisant des outils impensables : pistolet de carrossier, sulfateuse agricole, balai de branches de genêt trempées dans la peinture et frappées sur la toile, aspirateur inversé, aérosol, spray, tyroliennes – celles qui sont utilisées dans le bâtiment pour les enduits –, pour projeter, tracer, gratter, brosser, abraser, etc. Nous sommes dans les années 1950, bien avant le street-art et la peinture à la bombe. C’est une révolution, une véritable libération du geste, une abstraction pure, lyrique, sans contrainte symbolique ni esthétique. Explosif.

Hans Hartung was a major XXth century artist and experiment was central to his work. The exhibition will take a new look at his entire oeuvre and his essential role as a trailblazer in the history of abstraction. A unique opportunity to discover the vast array of supports the artist used, the variety of his techniques, the wealth of technical innovations he developed and the wide range of tools he experimented with. A large number of works will be on display: oils on canvas, drawings, photographs, sculptures, ceramics and archive documents.


Vous aimerez aussi…

Honoré de Balzac, le plus fécond de nos romanciers, soutenu et couronné par des femmes qui avaient 30 ans il y a dix ans. D'après Grandville. Photographie anonyme. Reproduction photomécanique. Paris, Maison de Balzac.
  • Classique
  • Dessin

Balzac et Grandville- Une fantaisie mordante

Maison de Balzac
Du 26 septembre 2019 au 13 janvier 2020

Honoré de Balzac et Jean-Jacques Grandville : la rencontre entre un écrivain à la plume acérée et un dessinateur au trait piquant ! À voir de toute urgence à la Maison de Balzac !

Vue du parcours ©Jean-François Badias (1)
  • En famille

Nés quelque part – L’exposition-spectacle éco-responsable

Cité de l'Economie
Du 26 septembre au 24 novembre 2019

Que ferais-tu à ma place ? C’est la question posée par cette exposition-spectacle d’un genre nouveau qui vous glisse dans la peau de personnages nés à l’autre bout du monde, d’une favela de Medellin à une rizière au Cambodge, d’un village du Cameroun à une campagne marocaine.

Inventarienr: NM 6084 
Konstnärens namn: Pablo Picasso 
Titel: La demoiselle 
Datum: 1929
  • Incontournable
  • Classique

Pablo Picasso - Tableaux Magiques

Musée Picasso
Du 1er octobre 2019 au 23 février 2020

Et si vous en appreniez un peu plus sur celui qui est sans doute l’artiste le plus connu au monde ? Le musée Picasso relève le défi avec sa nouvelle exposition.

Every year, bushfires burn more than 700,000 acres of forest and pasture lands in Senegal. Destructive bush fires damage the environment by preventing the natural regeneration of soils. Bush fire destroys new plant growth, leaving in its wake dying old trees, and barren soils. Other environmental consequences include increase in global warming.The nature and cause of bush fires are poor control of domestic fires, use of rudimentary methods for harvesting honey, and use of wrong burning methods.
  • Gratuit
  • Contemporain

La beauté de la Terre vue par la Maison Guerlain

Maison Guerlain
Du 18 octobre au 8 novembre 2019

La Maison Guerlain vous présente « Gaïa, que deviens-tu? ». Une ode à la beauté aussi infinie que fragile de notre planète !