BRAFA 2020 : Bruxelles fait sa foire

BRAFA Art Fair
Du 26 janvier au 2 février 2020

  • BRAFA 2019 - General View

 

Près de 70 000 visiteurs s’y sont pressés l’année dernière ! La BRAFA – acronyme de Brussels Art Fair – s’est fait une place d’année en année parmi les principaux événements artistiques d’Europe. Une foire à l’atmosphère élégante et conviviale et à la sélection pointue qui, chaque début d’année, constitue le baromètre du marché de l’art européen et de ses tendances.

Créée en 1956, la BRAFA est l’une des plus anciennes et prestigieuses foires d’art. Initialement réservée aux antiquaires belges – un peu chauvins, nos amis belges ? –, elle s’est ouverte en 1995 aux exposants étrangers. C’est à cette date qu’elle a quitté le Palais des Beaux-Arts construit par Victor Horta pour s’installer dans les halls de Tour et Taxi, ancien site industriel bruxellois. De l’archéologie à l’art contemporain en passant par les arts décoratifs du XVIIIe et le design, tous les styles et toutes les époques sont représentés dans ces allées aux allures de vastes cabinets de curiosités.

Cette 65e édition accueillera pendant 8 jours pas moins de 133 galeries prestigieuses venues de 15 pays, dont la Belgique, la France, les Etats-Unis, l’Allemagne, l’Angleterre, l’Italie, mais également le Japon et la Russie.  Ce sont plus de 10 000 objets d’art qui sont présentés au total sur une surface de 15 000 m2. Malgré les nombreux chefs d’œuvre exposés, ce sont des pans de mur somme toute banals – mais hautement symboliques – qui risquent de créer l’événement cette année.

À l’occasion du 30e anniversaire de la chute du Mur de Berlin, la Foire expose cinq segments qu’elle a acquis du célèbre mur. Ceux-ci seront vendus aux enchères et les bénéfices de la vente reversés à des œuvres caritatives. Si vous n’êtes pas très touchés par ces blocs de béton armés, pas de panique : nous vous proposons une sélection d’œuvres à ne pas manquer dans les allées de la BRAFA. Suivez-nous !

Focus sur des œuvres

Préhistoire et Antiquité

Les halles du salon prennent des allures de galerie de l’évolution au stand Theatrum Mundi, où vous attend le squelette d’un Eurhinosaurus, créature préhistorique du Jurassic inférieur dont on a retrouvé les restes dans la région de Nancy. Vieux de plus de 175 millions d’années, il est sans aucun doute l’« objet » le plus ancien de ce salon ! Les amateurs de numismatique préfèreront le stand d’Artancient, qui présente notamment une pièce de monnaie en argent, fondue vers 450 avant notre ère dans la cité grecque de Mendè. Munissez-vous d’une loupe si vous voulez déchiffrer ses inscriptions !

  • BRAFA 2020 Art Ancient Silver tetradrachm minted in Mende, Macedon, circa
  • BRAFA 2020, Theatrum Mundi Eurhinosaurus longirostris

 

Art nouveau

Précurseur de l’Art nouveau, le mouvement Arts & Crafts a révolutionné les arts décoratifs à partir des années 1860, comme en témoignent ces magnifiques pièces d’ébénisterie surmontées d’ivoire présentées par Francis Janssens Van Der Maelen. Une même passion pour les courbes délicates se retrouve chez Georges Le Saché. La galerie Chamarande expose un superbe pendant intitulé La fée aux glycines, réalisé par l’artiste vers 1900, où la sensualité des corps féminins fait inévitablement écho à l’œuvre d’un Alphons Mucha. Ce raffinement typique du début du siècle s’exprime également dans la joaillerie. Un diadème serti de diamants imaginé par la maison Chaumet en offre un parfait exemple sur le stand Francis Janssens Van Der Maelen.

  • Georges Le Saché (1849-c.1920)
  • Chaumet, Diadème Art Déco
  • Arts & Crafts furniture set, The Netherlands, before 1902

 

Asie

Voyager jusqu’en Asie sans quitter la BRAFA, c’est possible ! Commencez votre périple au stand Dalton Somaré, où un danseur sculpté sous la Dynastie des Han, souple et élégant vous attend. Franchissez ensuite la frontière Ouest de la Chine pour admirer cette sculpture tibétaine du XVe siècle représentant un Maitreya – c’est-à-dire un Bouddha qui n’a pas encore atteint l’éveil. N’hésitez pas à solliciter la galerie sur place pour en savoir plus. Les nippophiles sont quant à eux attendus à la Gallery Tanakaya pour découvrir une impression au bloc de bois de Musashi Noga Yokohama représentant le célèbre Mont Fuji.

  • Musashi Noga Yokohama
  • Dancer, Han Dynastie

 

Arts décoratifs

Offrez-vous un petit bon dans le temps au stand De Wit Fine Tapestries où vous découvrirez une tapisserie réalisée au sud des Pays-Bas au milieu du XVIe siècle, peuplée d’une licorne, d’un cerf et d’un chat léopard prêt à bondir. Une œuvre imposante de plus de deux mètres de haut ! Les amateurs d’horlogerie ne manqueront pas ce pendule réalisé vers 1800, présenté par La Pendulerie. Une pièce d’une grande finesse inspirée de l’œuvre de Daniel Defoe, où l’on peut voir Robinson Crusoé rencontrer Vendredi. Besoin d’une pause thé ? Bruil & Brandsma Works of Art expose une magnifique tasse couverte réalisée à Nuremberg dans la seconde moitié du XVIIe. En ivoire, s’il vous plaît !

  • Van Overklift, Case attributed to Claude Galle, Robison Crusoé rencontrant Vendredi
  • Unicorn tapestry with deer and cat

 

Art flamand

Comment peut-on faire l’impasse sur l’art flamand lorsqu’on est à Bruxelles ? Même les plus paresseux feront l’effort d’aller jusqu’au stand Lex Antiqua/Antiquarian Bookseller pour admirer cette gravure réalisée vers 1558 d’après La Paresse (Desidia) de Pieter Brueghel l’Ancien, dessin tiré d’une série consacrée aux sept péchés capitaux. Les amoureux des scènes de genre s’arrêteront devant cet arracheur de dent du XVIIe siècle, tout petit format peint par David Teniers et présenté par De Jonckheere. Ou bien devant cette nature morte de Frans Snyders exposée chez Klaas Muller, regorgeant de homard, d’asperges, d’artichauts et de fruits. À table !

  • The Dentist or the tooth puller, David Teniers
  • Pieter Brueghel L'Ancien, Desidia, vers 1558

 

Art moderne

Les amateurs d’art moderne vont se régaler cette année ! La galerie Samuel Vanhoegaerden propose une belle collection d’œuvres de James Ensor, maître belge de l’expressionnisme. Vous pourrez également admirer les couleurs criardes de Kees van Dongen à la Galerie Jean-François Cazeau, l’univers irréel et cotonneux de Léon Spilliaert au stand Harold T’Kint de Roodenbeke, ou encore l’œuvre délicieusement symboliste de William Degouve de Nuncques. Côté artistes français, la Galerie Tamenaga présente L’Oiseau Rouge (1959) de Bernard Buffet, œuvre puissante et inquiétante qui réinterprète le mythe de Léda et du Cygne. On est très loin des bonshommes bien en chair du Bonheur de Fernand Léger, expose par Simon Studer Art Associés.

  • Buffet, L'Oiseau rouge, 1959
  • Fernand Leger, Le Bonheur
  • James Ensor, La rencontre, 1912

 

Côté contemporain 

Que serait la BRAFA sans ses stands dédiés à l’art contemporain ? Cette année vous croiserez au fil des allées de nombreuses œuvres abstraites, signées par certains des plus grands noms de la scène artistique actuelle. L’occasion de redécouvrir l’œuvre onirique de Zao Wou Ki à l’Omer Tiroche Gallery, l’œuvre protéiforme de Gerhard Richter à la Galerie Von Vertes, et celle mystérieuse de Pierre Soulages – dont on a fêté le centenaire l’année dernière – à l’Opera Gallery. Vous pourrez également découvrir des œuvres plus récentes de Simon Hantaï (Opera Gallery), Stanley Whitney (Baronian Xippas), Sam Francis (Harold T’Kint de Roodenbeke) et Georges Mathieu (Alexis Lartigue Fine Art).

  • Gerhard RICHTER, Abstraktes Bild
  • Zao Wou-Ki, 10.04.70, 1970
  • Pierre SOULAGES Peinture, 1966
  • Simon Hantaï, Blancs, 1973

 

Impressionnisme

La magie des peintres impressionnistes envahira cette année encore les allées de la BRAFA. Perdrez-vous sur la Route Enneigée avec Maisons peinte aux environs d'Éragny par Camille Pissaro en 1885, exposée à la Stern Pissaro Gallery – galerie qui a la particularité d’être tenue par l’arrière-petite-fille de l’artiste, Lélia Pissarro, et son mari David Stern. Réfugiez-vous ensuite dans les coulisses de l’Opéra de Paris où vous croiserez les iconiques danseuses d’Edgar Degas, en pleine préparation avant le ballet, visibles dans un pastel de la fin du XIXe siècle présenté par Bailly Gallery.

  • Camille Pissaro, Route Enneigée avec Maison, Environs d'Éragny