Dix ans après : l’amertume de l’amour selon David Foenkinos

Théâtre de Paris
Jusqu'au 31 mars 2020

  • 10 ans après au Théâtre de Paris
  • 10 ans après au Théâtre de Paris
  • 10 ans après au Théâtre de Paris
  • 10 ans après au Théâtre de Paris

 

David Foenkinos dissèque le sentiment amoureux dans cette comédie au goût amer dans laquelle deux amis se refilent une femme.

Grâce à ses personnages tantôt décalés – un homme atteint de collectionnite aiguë dans Le Potentiel érotique de ma femme, un pizzaïolo breton et écrivain génial dans Le mystère Henri Pick, – tantôt paumés, hantés par leur passé, la solitude et la mort – Nathalie dans La Délicatesse, Charlotte dans le roman éponyme –, David Foenkinos a séduit de nombreux lecteurs. Les personnages de sa nouvelle pièce, Dix ans après, sont également haut en couleurs.

Tout semble aller au mieux pour Pierre, écrivain en manque d’inspiration, et Nathalie, épouse pétillante, mariés depuis dix ans. Mais lorsque Pierre s’apprête à quitter sa femme, il invite Yves, son ancien meilleur ami et, accessoirement, ex- de Nathalie, pour un dîner au cours duquel il a bien l’intention d’annoncer la nouvelle à sa femme. Mais pourquoi inviter Yves qu’il n’a pas revu depuis des années ? Parce qu’il la lui a piquée il y a dix ans et qu’il est tout naturel qu’il la lui rende quand il s’en débarrasse !

C’est Nicolas Briançon, qui s’est déjà illustré dans le genre de la comédie vaudevillesque, qui met en scène cette partie de ping-pong amoureux où les deux « amis » se refilent Nathalie, réduite à l’état d’objet, selon leurs envies. Il orchestre un combat de coqs durant lequel les protagonistes philosophent sur l’amour, l’amitié et le bonheur.  Bruno Solo incarne un petit assureur au cœur brisé, qui attend depuis dix ans de récupérer l’amour de sa vie, face à Julien Boisselier, plutôt agaçant dans le rôle de Pierre. Entre eux, Mélanie Page interprète une femme pleine de fraîcheur mais nunuche qui se fait mener en bateau.

Un peu lente au démarrage, la pièce accuse plusieurs baisses de régime une fois qu’elle est pleinement lancée – sans parler du dénouement incompréhensible en forme de pirouette. On se laisse néanmoins surprendre par cette pièce originale au traitement un brin fantastique qui nous dévoile avec amertume l’absurdité de l’amour.

Théâtre de Paris
Jusqu’au 31 mars 2020
15 rue Blanche, 75009 - M° Trinité d’Estienne d’Orves (12)
Tarif : de 33 € à 43 €

Réservations