Égypte : quatre sphinx antiques de Louxor déplacés en plein centre-ville du Caire

  • Les sphinx du temple de Karnark, à Louxor, en Egypte, le 10 mars 2020

 

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Le déplacement de quatre sphinx - situés originellement à  Louxor - en plein centre du Caire provoque des désaccords en Égypte. Les avis divergents et la polémique s’installe…

Vieux d’environ 3.500 ans, les sphinx à tête de bélier et corps de lion font partie de l’immense patrimoine égyptien et ce depuis des décennies. Cela faisait trois millénaires que ces derniers ornaient l’allée du temple de Karnak, jadis attribué au dieu Amon, l'une des principales divinités du panthéon égyptien.

Pourquoi un déplacement si soudain ? Les autorités affirment vouloir mettre en valeur le patrimoine égyptien au beau milieu de la place Tahrir, symbole de la révolte populaire de 2011. En outre tout le monde n’est pas de cet avis, les opposants y voient surtout un geste politique ainsi qu’un danger pour la conservation de ces joyaux du patrimoine antiques.

"Je suis contre le transfert des statues. Ça m'attriste", a regretté Ahmed Idriss, un député du gouvernorat de Louxor. "Louxor est un musée à ciel ouvert qu'il aurait mieux valu développer car la valeur des monuments est liée à leur emplacement historique", a-t-il ajouté.

En 2019, dès lors que le projet fût lancé, archéologues et militants n’ont cessé de se battre pour pallier ce déplacement. La colère des résistants a finalement débouché sur une pétition adressée au président Abdel Fattah al-Sissi demandant l’arrêt immédiat des travaux avec à l’appui une procédure judiciaire dénonçant la mise en danger "d'objets inestimables".

Le mécontentement des opposants se caractérise en grande partie par l’omniprésence de la pollution, elle même engendrée par les mouvements incessants des grandes villes comme le Caire. Construits en grès - un matériau extrêmement fragile - les sphinx ont de grandes chances de succomber aux méfaits de la pollution ainsi qu’à l’érosion. Sans oublier leur exposition aux possibilités de vandalisme.

"L'importante pollution sur la place Tahrir va dégrader les objets (antiques)", qui risquent de perdre leur valeur historique, a mis en garde sur Facebook l'égyptologue Monica Hanna.

Malgré tous les efforts des résistants, le projet a tout de même vu le jour. Depuis début mai les quatre pièces ont été installées place Tahrir autour d’un obélisque de granite rose à l’effigie de Ramsès II, lui-même déplacé quelques mois plus tôt de Tanis.

Des aménagements symboliques, qui permettront certainement à la ville du Caire de redynamiser son importante attractivité et ce par le biais du tourisme.


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