* Man Ray et la mode au Musée Luxembourg

Musée du Luxembourg
Jusqu'au 17 janvier 2021

  • Man Ray, Autoportrait, 1932
  • Man Ray, Lee Miller, le visage peint, vers 1930
  • Man Ray, La chevelure, 1929
  • Jeanne Lanvin, « Apollo », robe du soir, 1925
  • Elsa Schiaparelli, Manteau du soir, Collection automne- hiver 1938/39

 

5

Expérimentateur de génie

Protagoniste de la vie artistique parisienne de l’entre-deux guerres et du surréalisme, Man Ray s’est savamment façonné une image d’artiste libre et inventif, en prenant soin de dissimuler toutes les activités « professionnelles » qui pourraient nuire à sa réputation. Comme la photographie de mode, qu’il considérait comme une activité mineure, tout juste bonne à gagner de quoi se nourrir.

Le musée du Luxembourg nous fait découvrir cette facette méconnue de son œuvre avec une exposition inédite aux confins de l’art et de la mode. Lassé des échecs à répétition de ses expositions, Man Ray s’installe à Paris en 1920, sur les conseils de Marcel Duchamp.

Là-bas, il rencontre le couturier Paul Poiret qui l’incite à se lancer dans la photographie de mode, les revues et les magazines y accordant une place de plus en plus importante. « Pourquoi pas », se dit Man Ray qui n’a aucune expérience en la matière mais pense pouvoir apprivoiser la technique photographique en peu de temps.

La photographie de mode est alors balbutiante, utilitaire et documentaire, encore largement inféodée aux codes de l’illustration. Tout est possible, tout reste à créer, à inventer. La mode s’apprête à devenir un phénomène de masse et la silhouette de la femme à se transformer : Man Ray va accompagner cette évolution et donner ses lettres de noblesse à cet art nouveau.

Il commence à publier ses portraits dans les chroniques mondaines de Vogue, Vanity Fair et Vu, mais c’est Harper’s Bazaar qui fera de lui un photographe de mode célèbre au cours des années 1930. Les plus grands couturiers font appel à ses services, de Coco Chanel à Madeleine Vionnet, en passant par Augusta Bernard, Louise Boulanger et Elsa Schiaparelli.

Recadrages, jeux d’ombres et de lumière, photomontages, surimpressions, solarisations, colorisations … il expérimente les techniques les plus folles ! Aux confins de l’art, de la mode et de la publicité, ses compositions étranges contribuent à la création d’images oniriques et frappantes teintées d’érotisme. Riche en photographies, modèles de haute couture, revues de mode et documents cinématographiques, l’exposition nous fait revivre une période fascinante à travers l’objectif d’un visionnaire.

Le saviez-vous ?

L’art et la publicité sont souvent mêlés dans l’œuvre photographique de Man Ray. Avant de devenir une œuvre d’art célèbre, son cliché Les Larmes avait été réalisé pour promouvoir … une marque de mascara !

In the early 1920s, Man Ray revolutionized fashion photography by using experimental techniques. Discover his oniric and erotic pictures at the Musée du Luxembourg.