Adobe
Adobe

Exposition Les Sculpteurs du travail au musée Camille Claudel

Musée Camille Claudel
Prochainement

  • Anatole Guillot, Frise du travail, vers 1900-1903, détail
  • Jules Dalou (1838-1902), Terrassier, 1901
  • Auguste Bartholdi, Allégorie de l’Orfèvrerie, vers 1860
  • Jules Coutan, La Porteuse de pain, 1882
  • Jean-Baptiste Carpeaux, La Science, La France impériale éclairant le monde, L’Agriculture , 1863
  • Auguste BAAuguste Bartholdi, Les Grands Soutiens du Monde, 1901
  • Victor Prouvé, Le Forgeron, 1901-1902
  • Jules Dalou, Buste de terrassier, vers 1900-1901
  • Paul Roger-Bloche, La Faim, 1904
  • Henri Bouchard, Terrassier au repos, vers 1905

 

10

Humbles travailleurs deviennent héros de marbre ou de bronze au musée Camille Claudel, qui réunit pour l’occasion plus de 150 œuvres, exceptionnellement dévoilées au grand public. Point de rois, de princes, ni de grands hommes ne trônent dans ces galeries au nouvel adage : aux ouvriers oubliés la patrie reconnaissante. Cantonnée aux marges de la création artistique jusqu’au milieu du XIXe siècle, la représentation du labeur envahit le champ de l’art avec l’avènement de la IIIe République. Les grandes commandes font dès lors des travailleurs et de leurs allégories l’ornement réaliste des façades des mairies et des places publiques. Peu de ces projets ont effectivement vu le jour, néanmoins l’exposition nous révèle l’ampleur du processus d’élaboration de certaines de ces sculptures colossales, comme pour les projets monumentaux inachevés de Constantin Meunier ou Jules Dalou.

À ces grands noms s’ajoutent celui d’Auguste Bartholdi, auteur virtuose de la Statue de la Liberté, dont le groupe allégorique Les grands Soutiens du monde a été dépêché de Colmar spécialement pour l’occasion. Admirez les plâtres de Carpeaux, enfant prodige de la sculpture classique, conçus pour orner le pavillon de Flore du musée du Louvre, ainsi que son impressionnante Allégorie de l’Agriculture, ou encore les dessins préparatoires et autres esquisses du grand maître Rodin pour un projet qui ne vit jamais le jour : La Tour du travail qui devait atteindre initialement 130 mètres et dont Rodin envisagea, un temps, d’en faire son propre mausolée. En réinventant les sujets traditionnels de la sculpture, ces artistes redonnent au travail ses lettres de noblesse : fi des empereurs et guerriers antiques ! Paysans, mineurs et maçons, représentés dans leurs activités quotidiennes deviennent sujets de prédilection de ces sculpteurs d’un nouveau genre. Dans cette société républicaine et bourgeoise de la fin du XIXe siècle où le travail acquiert une connotation positive, les romans réalistes de Zola, Maupassant et Balzac, dénoncent la face sombre de cette révolution industrielle qui réduit l’homme en esclavage. Du labeur aliénant au travail salvateur, ce parcours historique et artistique nous interpelle autant qu’il nous étonne.

Le saviez-vous?

Le musée Camille Claudel fut inauguré il y a seulement trois ans, dans un complexe architectural comprenant la maison où vécut la famille Claudel. Il abrite désormais les plus belles œuvres de la sculptrice, dont La Petite Châtelaine, portrait touchant de réalisme et de douceur qui représente une fillette l’air interrogateur et contemplatif, ou encore La Valse, qui nous évoque sans difficulté le couple Rodin-Claudel, comme englouti dans un océan de lis et de gentianes de ces voiles à la Loïe Fuller.

MUSÉE CAMILLE CLAUDEL
10 Rue Gustave Flaubert, 10400 Nogent-sur-Seine
Prochainement



Adobe