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Albrecht Dürer : gravure et Renaissance à l'exposition du domaine de Chantilly

Domaine de Chantilly
Du 5 juin au 3 octobre 2021

  • Albrecht Dürer, Saint Jérôme dans sa cellule, 1514
  • Albrecht Dürer, L’Adoration de la Sainte Trinité, projet pour le retable Landauer, 1508
  • Albrecht Dürer, Vierge à l’Enfant entourée d’anges et de saints, 1521
  • Albrecht Dürer, L’Annonciation, 1526
  • Albrecht Dürer, Feuillet de l’album de voyage aux Pays-Bas, Une jeune femme et une flle de Ter Goes
  • Albrecht Dürer, Saint Eustache, vers 1501
  • Albrecht Dürer, Némésis (La Grande Fortune), vers 1501-1502

 

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Erasme déclara de Dürer qu’ « un artiste comme lui serait digne de ne jamais mourir ». Il faut dire qu’il est de ceux dont le nom s’égraine de l’école à l’Université pour faire des amateurs comme des plus érudits les dignes légataires d’un héritage éblouissant. Ses contemporains le disaient déjà : Dürer fut un génie. Il était le fils d’une Europe effervescente qui avait vu jaillir les cathédrales gothiques inondées de lumière et où Gutenberg venait d’inventer l’imprimerie, se préparant déjà à l’avènement classique d’une civilisation lettrée. C’est à Nuremberg que Dürer (1471-1528) grandit et forma son art et son regard, avant de sillonner l’Europe, aux Pays-Bas et en Italie où il rencontra Vinci qui travaillait alors à la réalisation de La Cène, Bellini et Mantegna. Ses tableaux charmèrent très vite les princes et les grands de son temps. Nuremberg : cette cité du cœur de l’Allemagne à la croisée des grandes routes européennes devenait alors une capitale de l’humanisme où se rencontraient orfèvres et armuriers venus de tout le continent pour se former dans les ateliers de cette ville dont la métallurgie avait fait la richesse. C’est lui, aussi, qui s’imposa comme le passeur des influences de ces deux foyers de création du Nord et du Sud, inventant son style pour renouveler les approches du nu, de la perspective, des modèles antiques et du langage religieux alors que la Réforme se déployait en Europe. Pour la première fois, deux des plus grandes collections françaises dédiées à l’artiste, celle du musée Condé et celle de la BNF, s’associent pour restituer le prisme éblouissant de l’œuvre du maître allemand.

Le saviez-vous ?

Le père de Dürer était né en Hongrie mais avait quitté son pays natal pour s’installer en Allemagne, dont il devint citoyen en 1468. Autorisé dès lors à posséder son propre commerce, il choisit le patronyme de Dürer, inspiré de l’allemand tür (« la porte ») en référence à sa ville d'origine, Ajtòs (« la porte » en hongrois).

Focus sur… Dürer, Melencholia I, 1514

Cette gravure aux détails foisonnants présente une multiplicité de symboles plus ou moins cryptés, comme la balance, le compas, le sablier, le lévrier ou encore cet étrange carré magique que l’on distingue sur un des murs de l’édifice, au-dessus de l’ange, et dont la somme de de chaque ligne verticale, horizontale ou diagonale est égale à 34 et qui comporte au centre de sa dernière ligne l’année de réalisation de l’œuvre. On y trouve également une étrange forme géométrique : le polyèdre de Dürer. Ces deux objets demeurent aujourd’hui encore très mystérieux et leur signification n’a jamais fait de réel consensus parmi les spécialistes. Il semblerait cependant qu’ils aient une dimension ésotérique liée à la perspective apocalyptique globale de la gravure.

DOMAINE DE CHANTILLY
Du 5 juin au 3 octobre 2021
7 rue Connétable Château, 60500 Chantilly



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