La Joconde vendue aux enchères pour 3 millions ?

  • Mona Lisa Hekking

 

1

Rassurez-vous il ne s'agit pas de la vraie Mona Lisa mais de sa célèbre copie qui est partie de chez Christie's pour 3 millions. Estimée entre 200 000 € et 300 000 €, « Mona Lisa Hekking » doit son nom au propriétaire qui l'avait acquise pour 3 francs dans les années 1950. Retour sur cette folle épopée qui vous donnera le sourire !

Vincenzo Perruggia, un Robin des Bois patriote

Tout commence le 22 août 1911. La Joconde - la vraie - est dérobée par le peintre en bâtiment et vitrier Vincenzo Perruggia alors qu'il travaillait pour le musée. Ce dernier, voulant restituer l'œuvre à sa patrie, se fait arrêter en contactant la Galerie des Offices, plus grand musée de Florence. Mais le retour de la peinture au Louvre ne convainc par un certain Raymond Hekking. Ce passionné d'art clame haut et fort dans les médias qu'il est le propriétaire de la véritable Joconde, accusant le musée d’exposer sciemment une copie.

Raymond Hekking, propriétaire d'une réplique presque parfaite

Acquise pour la somme de 3 francs chez un antiquaire niçois, cette copie fait très vite l'objet d'une polémique internationale, colportée toujours plus par le propriétaire. Obnubilé par sa propre théorie, Raymond Hekking n’hésite pas à confronter publiquement le Louvre, mettant les équipes de conservation au défi de prouver l’authenticité du tableau exposé. Cette toile est rapidement identifiée comme une copie flamande du XVIIe, en témoigne sa couleur cobalt en fond rappelant celle des tapisseries flamandes de la même époque - quant à son sourire, il est légèrement plus franc que l'original. Mais comme rien n'est simple dans le monde de l'Art, l'historien allemand et expert en peinture flamande Max Jakob Friedländer a, au soir de sa vie, jugé possible l'authenticité du tableau…

Après la mort de Raymond Hekking en 1977, l'œuvre est restée dans la famille Hekking qui ne s'en sépare qu'aujourd'hui. La vente soulève ainsi une dernière question : l'acquéreur s'intéresse-t-il au parcours saugrenu de la toile, ou croit-il en son authenticité ? Affaire à suivre !