Volée en 2012, une toile de Picasso retrouvée dans une forêt !

  • Pablo Picasso, Tête de femme, 1939

 

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L'itinéraire de la Tête de femme, dérobée voilà presque 10 ans à la Pinacothèque nationale d'Athènes, semble folle et pourtant ! La police grecque a annoncé en début de semaine l'avoir retrouvée dans le lit asséché d'une rivière, grossièrement enveloppée dans du papier bulle, à une cinquantaine de kilomètres de la capitale. Autrefois trésor national, le tableau, réalisé en 1939 et offert à l’État grec par le peintre espagnol dix ans plus tard en reconnaissance de sa résistance face à l'envahisseur nazi durant la Seconde Guerre Mondiale, est inestimable. Son vol, ainsi que celui d'une toile de Piet Mondrian, et d'un dessin à la plume et à l'encre du peintre maniériste italien Guglielmo Caccia, avait été vécu comme une véritable humiliation par le pays.

Le crime était pourtant presque parfait. Dans la nuit du 8 au 9 janvier 2012, un homme seul, ouvrier dans le bâtiment, dérobe sans trop de difficultés la toile. Son forfait avait alors été exécuté en l'espace de 7 petites minutes, le voleur profitant des nombreux dysfonctionnements du musée alors plongé dans une crise économique et sociale sans précédent (caméras de vidéosurveillance défectueuses, angles morts multiples etc.). Avec un brin de malice, le malfrat avait délibérément déclenché plusieurs fois les alarmes dans la journée, au point d’agacer les gardiens du musée qui avaient eux-mêmes débranché la sonnerie ! Depuis, plus rien. L'homme s'était volatilisé.

Les policiers ont mystérieusement retrouvé sa trace la semaine dernière sans pour autant dévoiler les détails de leur enquête. Le voleur esthète se serait-il confié à la mauvaise personne ? Ou se serait-il simplement rendu rongé par le remord ? Rien n'est moins sûr. Placé en garde à vue en début de semaine, l'homme aujourd'hui âgé de 49 ans a présenté ses plus plates excuses et a rapidement livré les précieuses informations sur son improbable cachette forestière.