Musée de la Grande Guerre de Meaux
Musée de la Grande Guerre de Meaux

Mode : l'exposition "Les coulisses de la haute couture à Lyon" monte à Paris au musée Yves Saint Laurent

Musée Yves Saint Laurent
Jusqu'au 5 décembre 2021

  • Robe de soir portée par Claire Calladine, collection haute couture automne-hiver 1987
  • Robe de soir (détail), collection haute couture printemps-été 1996
  • Yves Saint Laurent à son bureau, studio du 5 avenue Marceau, Paris, 1976
  • Robe de soir portée par Christelle Lefranc, collection haute couture printemps-été 1996

 

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Après son passage à Lyon l’an dernier, l’exposition fait désormais escale à Paris pour retrouver l’ancienne maison mère du créateur. Mettant à l’honneur sept manufactures lyonnaises avec lesquelles Yves Saint Laurent collabora toute sa vie – de la création de sa propre maison en 1961 jusqu’à sa dernière collection en 2002 – l’exposition révèle les liens privilégiés tissés par le couturier avec les fabricants et fournisseurs de tissus de l’autre ville lumière. Une confiance indéfectible nouée dès l’adolescence : à Oran, dans les années 40, le jeune Yves Saint Laurent crée les « paper dolls » en découpant dans les magazines de mode les silhouettes de ses mannequins favoris. Le jeune homme leur dessine à chacune une garde-robe en papier, réalisée à la gouache, l’encre ou l’aquarelle, avec au dos de chaque pièce, inscrit le nom de la maison lyonnaise dont le tissu servira à fabriquer la tenue. L’histoire est belle, elle se réalisera. À travers des dizaines de photographies, dessins inédits, documents d’archives ainsi qu’une trentaine de pièces de haute couture, le musée retrace tout le processus de création d’un modèle, soulignant la synergie du génie créatif et d’un savoir-faire ancestral. Le couturier s’entoure des matières les plus nobles (crêpes, mousselines, taffetas, velours etc.) comme des plus innovantes, du lamé or aux brocarts en passant par un étrange tissu rigide, le gazar. Cette étroite et fidèle collaboration avec ces artisans de l’ombre donnera naissance à des créations exceptionnelles, symbolisées dans l’exposition par la somptueuse robe de mariée « Shakespeare ». Présenté lors du défilé automne-hiver 1980 en hommage aux poètes et écrivains que le couturier admirait, ce modèle, camaïeu d’or étincelant, accumulant diverses étoffes précieuses (tulle, lamé, cloqué et damassé) en provenance de cinq maisons lyonnaises, nécessita pas moins de 100 heures de travail. Une pièce unique à la hauteur du talent et de l’exigence du créateur.

Focus sur…
Le studio YSL

  • Yves Saint Laurent à son bureau, studio du 5 avenue Marceau, Paris, 1976

 

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Autrefois centre névralgique de la maison YSL, l’hôtel particulier second Empire de l’avenue Marceau, transformé en musée depuis 2017, abrite toujours l’antichambre de la création et lieu d’expérimentation du couturier : le studio. Située au cœur du parcours, la pièce semble ne pas avoir bougé depuis la disparition du créateur. Ses croquis tapissent encore la table lorsque la gamelle de son chien Moujik trône toujours au pied du bureau.



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