Musée de la Grande Guerre de Meaux
Musée de la Grande Guerre de Meaux

La nature de Jean-Francis Auburtin exposée au Musée de Lodève

Musée de Lodève
Du 25 septembre 2021 au 22 mars 2022

  • Jean-Francis Auburtin, Thalassa, 1896
  • Jean-Francis Auburtin, rocher des deux frères au cap des Médès
  • Jean-Francis Auburtin, L'aiguille d'Etretat , ciel rouge, vers 1898

 

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Jean-Francis Auburtin - La nature comme modèle 

Le musée de Lodève consacre une grande exposition à Jean-Francis Auburtin, peintre tombé relativement dans l’oubli dont l’œuvre onirique et sensible charrie pourtant de nombreuses influences. Marchant dans les pas des impressionnistes et des nabis, Auburtin partage son œuvre entre la peinture décorative – inspirée par l’illustre Puvis de Chavannes – et des paysages empreints de symbolisme. Ainsi l’exposition déploie-t-elle un double parcours thématique, confrontant méthodiquement les deux facettes du peintre : celle du symboliste d’un côté, celle du paysagiste de l’autre. Ses grandes fresques décoratives pour des établissements publics (de la Sorbonne au Conseil d’État) sont peuplées de sirènes, de faunes, de cyclopes et autres créatures mythologiques qui réactivent l’imaginaire antique d’un âge d’or. Auburtin dépouille ses panneaux de toute structure narrative, ne laissant plus transparaître que le lyrisme charnel des nymphes et sirènes qui habitent ses paysages marins. Pour ses compositions, le peintre arpente les plus beaux sites du littoral français : il plante son chevalet à Porquerolles, à Belle-Île-en-Mer ou à Étretat, dans le sillage d’un certain Claude Monet. En parallèle, le peintre développe une peinture sur le motif dénuée de toute représentation symbolique : variant inlassablement les vues d’un même paysage, Auburtin déploie un large spectre de couleurs, de tons, de cadrages, au gré des alizés et des changements de lumière. Au début du XXe siècle, ce dernier nourrit son œuvre du style des estampes japonaises, qu’il collectionne farouchement. Des falaises d’Étretat au pic de Béhorléguy, dans les Pyrénées, Auburtin embrasse le sens de la mise en page des estampes et intériorise le goût de la simplification caractéristique d’Hokusai : multipliant les aplats et réduisant drastiquement sa gamme de couleurs, le peintre atteint alors une simplicité déconcertante du motif et conforte un style résolument personnel. Style qui culmine alors dans cette rencontre entre l’intimité du peintre et la monumentalité de la nature.

Le saviez-vous ?

L’aiguille d’Étretat, sublimement dépeinte par Auburtin, est le symbole emblématique de cette côte de calcaire rendue célèbre par les plus grands peintres du XIXe siècle (Monet, Delacroix, Courbet, etc.). Mais c’est aussi le lieu de l’intrigue de L’Aiguille creuse de Maurice Leblanc une des aventures d’un certain Arsène Lupin, qui a grandement contribué  la popularité d’Étretat !

MUSÉE DE LODÈVE
Du 25 sept. 2021 au 27 mars 2022
Square Georges Auric,
34700 Lodève



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