Exposition L'Olympisme au Musée du Louvre : une invention moderne, un héritage antique

Musée du Louvre
Du 24 avril au 16 septembre 2024

 

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Faites du sport, pas la guerre ! À l’aube du XXe siècle, le Vieux Continent, encore marqué par le conflit franco-prussien et les aspirations nationalistes des pays voisins, cherche un moyen de préserver la paix coûte que coûte entre les nations. Mille cinq cents ans après la dernière
manifestation des Jeux Olympiques antiques, des universitaires, historiens et hommes politiques français et grecs pour la plupart voient dans la pratique universelle du sport une façon d’apaiser les cœurs. Derrière ce vaste projet, le controversé Baron Pierre de Coubertin bien sûr, mais aussi d’autres figures méconnues que l’Histoire n’a hélas pas retenues. Bien des années plus tard, le Louvre revient sur la folle histoire du concours moderne, de ses origines antiques à son retour triomphal sur le devant de la piste.
Outre Pierre de Coubertin, l’exposition nous présente ainsi l’historien, linguiste et pédagogue Michel Bréal, l’homme à l’origine du trophée en argent offert au vainqueur de la première course de Marathon en 1896. Un trésor olympique né à Paris, mais qui n’avait jamais été exposé dans la capitale jusqu’à aujourd’hui… Une autre figure de l’ombre fait soudain son apparition, Louis Emmanuel Émile Gilliéron, l’artiste officiel des premiers Jeux modernes. En opposant la réplique, l’œuvre originale et son modèle, l’exposition confronte pour la première fois les antiquités qui l’ont inspiré à ses œuvres produites pour les Jeux. Que ce soient dans ses timbres, ses cartes postales ou ses affiches, on devine dans chaque courbe et chaque mouvement l’influence latente des Jeux antiques, de ses plâtres et de ses céramiques, jusqu’à reconnaître le profil athlétique des Lutteurs Médicis dans ce timbre daté de 1906. Ici, les muscles se contractent, se tendent, se compriment, les membres se disloquent en suivant cette mécanique des corps sans âge ni patrie.

Le saviez-vous ?
Victime d’une crise cardiaque à l’âge de 74 ans, Pierre de Coubertin s’éteint à Genève en 1937. Si son corps repose à Lausanne, son cœur est inhumé, selon ses dernières volontés, près du sanctuaire d’Olympie en Grèce là où tout a commencé.