Art Basel Paris 2024 : Un champignon géant signé Carsten Höller pousse Place Vendôme
Place Vendôme Jusqu'au 24 novembre 2024
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Paris serait-elle sous l’emprise d’un champignon hallucinogène ? Après les globes de pierre d’Alicja Kwande et la vague métallique d’Urs Fischer, c’est un tout autre spécimen qui vient décorer la place Vendôme pour la semaine de l’art contemporain à Paris : un champignon géant non comestible. Un… ou peut-être trois ?
Sous ses faux airs d’extraterrestre, cette sculpture monumentale de trois mètres de haut pourrait aussi bien sortir du conte d’Alice au pays des merveilles que du dernier film de Tim Burton. L’étrange cinéaste n’y est pour rien dans cette hallucination végétale ; nous devons cette vision fantastique à Carsten Höller, artiste contemporain le jour et docteur en biologie la nuit. Le plasticien connu pour ses installations psychédéliques plante un champignon de forme inconnue, hybride, presque radioactif, un mutant pourrions-nous dire puisqu’il combine les formes de trois espèces sauvages, deux inoffensives, une douloureusement toxique.
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Avec son chapeau rouge vif tacheté de blanc, son voile immaculée et se lamelles côtelées, cette oeuvre fantasque malmène délicieusement nos sens comme si nous étions les victimes d’une indigestion à un champignon vénéneux. Heureusement, personne ne devrait pouvoir cueillir et mettre dans son panier cette oeuvre empoisonnée.
Vous êtes observés. Pas par une caméra de surveillance. Par une œuvre qui vous répond. Ici, le trouble règne en maître. Certaines œuvres donnent la parole à des intelligences artificielles qui s’adressent à nous avec une étrange familiarité. D’autres transforment des images intimes en données exploitables, des récits personnels en protocoles. Le malaise ne vient pas d’un discours, mais d’une reconnaissance immédiate : ces situations, on les connaît.
LAFAYETTE ANTICIPATIONS Du 1er avril au 19 juillet 2026
Qui va sauver le monde ? Certainement pas Ladji Diaby. Et surtout pas de la manière attendue. Ici, l’artiste ne brandit ni slogan écologique ni prophétie politique. Il arrive après la tempête. Quand le décor est déjà fissuré, quand les récits rassurants ont cessé de fonctionner. Son installation ressemble à un après-coup : un monde fait de restes, de fragments, d’objets chargés de vies antérieures. Rien n’est neuf. Tout a déjà servi. Et c’est précisément là que quelque chose recommence. Diaby travaille avec ce qu’il trouve, au sens littéral. Des objets issus de sa maison familiale à Ivry-sur-Seine, des fragments abandonnés, des traces de pop culture, des reliques de rituels, des éléments intimes déplacés d’une vie à l’autre.
Recréer l’énergie d’un moment où l’objet domestique et l’image Pop ont cessé de s’ignorer : telle est l’ambition de cette exposition audacieuse. En février 1966, à Milan, Sottsass expose les Mobili Fly. Des meubles verticaux, géométriques, saturés de couleur, qui ne cherchent plus à servir mais à affirmer. Au même moment, Warhol élève les produits de consommation au rang d’icônes.
Susanna Inglada réinvente le dessin en art sculptural et politique : silhouettes fragmentées, papier et céramique dévoilent violence, pouvoir et résistance.
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