Exposition École de Paris, Collection Marek Roefler au Musée de Montmartre

Musée de Montmartre
Du 17 octobre 2025 au 15 février 2026

 

1

Ils avaient tout quitté. Un pays, une langue, une famille parfois. Pour peindre. Pour vivre. Pour être. C’est à Paris, entre deux collines, que leurs pinceaux ont trouvé une terre d’élection. À Montmartre d’abord, puis à Montparnasse, ils ont ouvert les fenêtres de l’art du XXe siècle. Venus de Pologne, d’Italie, du Japon, de Russie, d’Espagne ou du Mexique, ces artistes étrangers firent de Paris bien plus qu’un port d’attache : une école de liberté.

Le musée de Montmartre fait revivre cette page méconnue et cosmopolite de l’histoire de l’art à travers une centaine d’œuvres issues de la collection Marek Roefler. Dans ce tourbillon de couleurs et de styles, des noms flamboyants réapparaissent – Tamara de Lempicka, Ossip Zadkine, Moïse Kisling, Foujita – et d’autres, moins familiers, éclaboussent les cimaises d’un génie resté trop discret : Henri Epstein, Mela Muter, Simon Mondzain, Henri Hayden, Alice Halicka, Boleslas Biegas... Chacun avait ses obsessions, ses fureurs, sa manière d’épouser les formes modernes – du fauvisme au cubisme, du post-impressionnisme à une abstraction balbutiante – mais tous ont en commun ce besoin d’inventer.

Et surtout, de respirer enfin librement. Une liberté vitale à peindre, dans une capitale qui leur offrait ce que l’Europe leur refusait trop souvent : un espace, une dignité, une reconnaissance. Sous le regard complice de Cézanne, de Van Gogh ou de Gauguin, ces artistes étrangers ont posé sur Paris un œil neuf. Ce regard, entre ferveur et douleur, aura nourri certaines des œuvres les plus audacieuses de la première moitié du XXe siècle. Le parcours rend ainsi hommage à cette diversité féconde – à cette École de Paris, comme l’a nommée en 1925 le critique André Warnod – mais sans jamais en figer les contours.

Car ici, plus qu’un style ou un manifeste, c’est une communauté de souffle qui s’impose. Une communauté d’exilés, d’aimants et de vivants.

MUSÉE DE MONTMARTRE
Du 17 octobre 2025 au 15 février 2026
1 rue Cortot, 75018 - M° Lamarck-Caulaincourt (12)
Tlj. 10h-19h
Tarif : 15 € - TR : 10 € - Gratuit - 10 ans


Vous aimerez aussi…

Capture d’écran 2026-03-04 105351
  • Gratuit
  • Incontournable

Exposition Moi et les autres, regards d’artistes sur nos vies en ligne, à la Fondation Groupe EDF

FONDATION GROUPE EDF
Jusqu’au 27 septembre 2026

Vous êtes observés. Pas par une caméra de surveillance. Par une œuvre qui vous répond. Ici, le trouble règne en maître. Certaines œuvres donnent la parole à des intelligences artificielles qui s’adressent à nous avec une étrange familiarité. D’autres transforment des images intimes en données exploitables, des récits personnels en protocoles. Le malaise ne vient pas d’un discours, mais d’une reconnaissance immédiate : ces situations, on les connaît.

IMG_0515
  • Gratuit
  • Contemporain

On a vu, on a adoré : Susanna Inglada, le dessin debout au Drawing Lab

Du 13 février au 10 mai 2026
Drawing Lab

Susanna Inglada réinvente le dessin en art sculptural et politique : silhouettes fragmentées, papier et céramique dévoilent violence, pouvoir et résistance.

  • Photo
  • Découverte

Martin Parr, une vision ironique du réchauffement climatique

Du 30 janvier au 24 mai 2026
Jeu de Paume

Cinquante ans que Martin Parr braque son flash sur les absurdités de notre monde. Un demi-siècle de dérèglements, saisis entre ironie et lucidité, où le grotesque devient miroir.

Paul Huet, Le Cavalier ou Le Retour du Grognard © RMN, Thierry Ollivier
  • En amoureux
  • Incontournable

Face au ciel, le romantisme à perte de vue !

Du 14 février au 31 août 2026
Musée de la Vie Romantique

C’est une date hautement symbolique. Le 14 février, jour de toutes les passions, le Musée de la Vie romantique rouvre enfin ses portes après plus d’un an de silence.