Exposition Fragilités et Résiliences, de Thibault Gerbaldi, au Jardin du Luxembourg

GRILLES DU JARDIN DU Luxembourg
jusqu'au 19 juillet

Les icebergs se fissurent. Les déserts avancent. Les rivières changent de lit. Ce que photographie Thibault Gerbaldi, c’est le mouvement, l’impermanence, la transformation. Du Groenland à la Namibie, de l’Islande à la Mongolie, ses images mettent en regard deux forces : celle des paysages, immenses, en mutation constante, et celle des êtres humains, minuscules à l’échelle géologique, mais étonnamment résistants.

 

4

Un iceberg qui se détache n’est pas fragile. Il est transitoire. Une communauté isolée n’est pas vulnérable. Elle s’adapte. Chez Gerbaldi, les chasseurs à l’aigle mongols, les éleveurs andins, les sadhus de Varanasi ou les tribus d’Afrique ne sont jamais folklorisés. Ils sont présentés comme des points d’équilibre. Des corps ancrés dans une culture, une spiritualité, un savoir-faire transmis. La résilience n’est pas héroïque. Elle est quotidienne. Son travail joue constamment sur l’apparence et la réalité. Ce qui semble immuable – un glacier, une montagne, un désert – est en réalité en mouvement. Ce qui semble fragile – un individu, une tradition, une communauté – révèle une endurance profonde. Visuellement, l’œuvre dialogue autant avec la photographie de paysage contemporaine qu’avec un humanisme plus classique. Mais elle évite la dramatisation. Elle cherche la rencontre. Ce n’est pas un hasard si le photojournaliste Reza soutient le projet. Le face-à-face est au cœur de cette exposition. Regarder l’autre. S’approcher sans posséder. Témoigner sans exploiter. Photographe autodidacte multiprimé – IPA, Siena Awards, PX3 – Gerbaldi n’inscrit pas son travail dans une démarche commerciale. Les diffusions de ses livres et tirages soutiennent des projets solidaires via The Forgotten International, organisation engagée contre la pauvreté. Une question demeure ici et ailleurs : qu’est-ce qui tient, quand tout change ?

GRILLES DU JARDIN DU Luxembourg
Jusqu’au 19 juillet 2026
Rue de Médicis, 75006
M° Odéon (4/10)
Entrée libre


Vous aimerez aussi…

Page 52_16486
  • Gratuit
  • En famille

Exposition Saint-Cloud dans les nuages, Une aventure aéronautique au musée des Avelines

MUSÉE DES AVELINES
Jusqu’au 5 juillet 2026

Ils ont sauté avant de savoir voler. Avant les avions, avant les moteurs fiables, avant l’industrie, il y a ce moment précis : celui où l’on quitte le sol sans certitude de revenir entier. À Saint-Cloud, à la fin du XIXᵉ siècle, des femmes et des hommes montent dans des ballons, des dirigeables bricolés, des machines fragiles.

Capture d’écran 2026-03-04 105351
  • Gratuit
  • Incontournable

Exposition Moi et les autres, regards d’artistes sur nos vies en ligne, à la Fondation Groupe EDF

FONDATION GROUPE EDF
Jusqu’au 27 septembre 2026

Vous êtes observés. Pas par une caméra de surveillance. Par une œuvre qui vous répond. Ici, le trouble règne en maître. Certaines œuvres donnent la parole à des intelligences artificielles qui s’adressent à nous avec une étrange familiarité. D’autres transforment des images intimes en données exploitables, des récits personnels en protocoles. Le malaise ne vient pas d’un discours, mais d’une reconnaissance immédiate : ces situations, on les connaît.

GUITARE PIED, JACQUES AVERNA, ADAGP Paris 2026
  • Gratuit
  • Découverte

Exposition une assemblée des gestes (épisode 1) de Christian Rizzo et Anne-Laure Lestage aux Magasins Généraux

MAGASINS GÉNÉRAUX
Du 3 avril au 24 mai 2026

Entrez dans l’atelier. Pas celui du peintre, ni celui du sculpteur. Celui de l’art en train de se faire. Dès l’entrée, une guitare électrique donne le ton. Dessinée par le designer et musicien Jacques Averna, elle a l’air ludique, presque légère. Elle est tout l’inverse. Sa forme entrave le jeu, déplace la posture, oblige le musicien à négocier avec l’objet.

Screenshot
  • Gratuit
  • Incontournable

Exposition Simone Veil, Mes sœurs et moi, au Mémorial de la Shoah

MÉMORIAL DE LA SHOAH - MUSÉE ET CENTRE DE DOCUMENTATION
Jusqu’au 15 octobre 2026

On croit connaître Simone Veil. La loi, l’Europe, l’Académie, le Panthéon. On connaît la figure. On connaît moins la fratrie. Le Mémorial de la Shoah choisit un autre point d’entrée : celui de la famille Jacob. Avant la femme d’État, il y a une enfance à Nice. Des rires, des disputes, des complicités. Simone, Madeleine – Milou –, Denise. Trois sœurs liées par une intensité que la guerre ne brisera jamais vraiment.