Les photos de Nan Goldin dans la chapelle Saint-Louis de la Salpêtrière
CHAPELLE SAINT-LOUIS DE LA SALPÊTRIÈRE
Jusqu’au 21 juin 2026
SISTERS, SAINTS, SIBYLS
Retour sur le lieu du crime. Celui qui a tué sa sœur. En 2004, Nan Goldin présentait pour la première fois Sisters, Saints, Sibyls dans la chapelle Saint-Louis de la Salpêtrière, dans le cadre du Festival d'Automne. Vingt ans plus tard, l'installation vidéo revient exactement là où elle a été conçue – sous les voûtes de l'ancien hôpital où l'on enfermait les femmes jugées folles, hystériques, déviantes.
Le lieu n'est pas un décor : c'est un personnage. Trente-cinq minutes d'images, de musique et de silence. Goldin y raconte Barbara, sa sœur aînée, internée à l'adolescence, diagnostiquée schizophrène, morte à dix-huit ans sur une voie ferrée. Suicide. La famille n'en a jamais parlé. L'œuvre brise ce silence avec une rage contenue et une tendresse dévastatrice – photographies d'enfance, archives familiales, peintures de saintes et de sibylles, comme autant de figures de femmes broyées par l'institution.
Dans la chapelle, la lumière tombe des vitraux et se mêle à celle des projections. L'effet est sidérant. Ce volet gratuit de la grande rétrospective que le Grand Palais consacre à la photographe américaine est peut-être le plus bouleversant – parce que le plus intime, le plus ancré, et le plus impossible à reproduire ailleurs.
CHAPELLE SAINT-LOUIS DE LA SALPÊTRIÈRE
Jusqu’au 21 juin 2026
83 bd de l'Hôpital, 75013
M° Gare d'Austerlitz (5/10)
Du mar. au sam. 16h-20h, ven. jsq. 22h, le dim. 11h-19h
Fermé le lun.
Entrée libre



