Des nouvelles de la couronne d’Eugénie, ce trésor qui plie mais ne rompt pas.

MUSÉE DU LOUVRE

Elle est aplatie, disloquée, brutalement marquée. Et pourtant intacte dans son essence.

 

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Le Louvre a dévoilé, début février, les premières images de la couronne de l’impératrice Eugénie après le spectaculaire cambriolage survenu le 19 octobre 2025. Un choc visuel : le joyau du Second Empire apparaît écrasé, ses arceaux désolidarisés, une silhouette méconnaissable après avoir été arrachée de sa vitrine à la disqueuse.

La violence du geste est lisible dans le métal. Pour extraire la couronne par une ouverture trop étroite, les cambrioleurs l’ont comprimée, puis abandonnée dans leur fuite au pied de la galerie d’Apollon. Résultat : une déformation sévère, quatre branches détachées, un aigle d’or manquant. Mais l’essentiel est là. Les 56 émeraudes sont restées en place. Sur les 1 354 diamants, seule une poignée de pierres de très petite taille a disparu.

Le musée se veut rassurant : l’objet a conservé sa « quasi-intégrité » et pourra faire l’objet d’une restauration complète, sans reconstitution ni ajout. Un chantier inédit, à la hauteur de la charge symbolique de cette pièce commandée par Napoléon III en 1855. Un comité d’experts a été constitué, réunissant conservateurs, spécialistes et représentants des grandes maisons historiques de la joaillerie française, pour accompagner une intervention qui s’annonce aussi technique que patrimoniale.

Au-delà des chiffres — un préjudice estimé à 88 millions d’euros, huit joyaux toujours introuvables — ces images racontent autre chose. La fragilité d’un trésor national face à la brutalité contemporaine. Et, en creux, la capacité des institutions à réparer, restaurer, transmettre. La couronne d’Eugénie n’est plus tout à fait la même. Elle porte désormais une autre histoire : celle d’une survie.

MUSÉE DU LOUVRE
34 quai du Louvre, 75001


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