Nuit des musées : Pavillon des Indes et art japonais

Courbevoie, parc de Bécon
Samedi 23 mai de 20h à minuit

 

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Il y a quelque chose d'improbable dans ce bâtiment. Ses sept bulbes dorés qui se découpent dans le ciel de Courbevoie pourraient appartenir à Jaipur ou à Calcutta.

C'est pourtant ici, dans le parc de Bécon, que le Pavillon des Indes a échoué après l'Exposition universelle de 1878, où le futur Édouard VII l'avait commandé pour y exposer ses trésors rapportés de voyage. Démontable par nature, éphémère par vocation, le voilà qui tient toujours debout, classé monument historique, ses boiseries de mélèze sculptées en Inde toujours intactes.

Ce soir, un jeu de lumières spécialement conçu pour la nuit des musées en révèle chaque ornement comme on ne les a jamais vus. À quelques pas, dans l'ancien pavillon de la Suède et de la Norvège – pin rouge de Christiania, architecture démontable elle aussi, rescapée du même millésime 1878 – le musée Roybet Fould nous ouvre une autre traversée. Celle de Kimihito Okuyama, artiste japonais installé quarante ans à Courbevoie, dont l'œuvre entière – peintures, gravures, photographies, poèmes, installations - tourne autour d'une seule obsession : le temps.

Pas le temps qui passe, mais le temps qui demeure, qui se suspend, qui revient. Découvrir ses œuvres dans la pénombre d'une nuit de mai, c'est éprouver physiquement ce que le concept de ma - cette notion japonaise de silence habité - signifie réellement.

Si vous n'avez pas vu le temps passer... Le Pavillon des Douceurs s'installe ce soir devant la façade illuminée du Pavillon des Indes. Pâtisseries fines, monument en majesté : certaines nuits ne se terminent pas, elles se savourent.

Courbevoie, parc de Bécon
Samedi 23 mai de 20h à minuit
178 bd Saint Denis, 92400 Courbevoie - M° Pont de Levallois (3)

Entrée libre