Napoléon, splendeur et misère d’un empereur à l'exposition du musée de l'Armée

Musée de l'armée
Du 19 mai au 31 octobre 2021

 

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Île de Sainte-Hélène, le 5 mai 1821, à 17h49 : l’exilé expire. La gloire de l’empereur déchu périclite depuis cinq ans dans cette île du bout du monde, perdue au beau milieu de l’Atlantique. Napoléon Ier n’exerce alors plus aucune influence sur le monde et son échiquier politique. Pourtant, sa mort va réveiller un imaginaire héroïque et romanesque que les peintres, poètes et romanciers du milieu du XIXe siècle s’empresseront de représenter. La vision de l’Empereur sur son lit de mort, entrant aussitôt au panthéon des grands hommes, est immédiatement saisie par les plus grands peintres de l’époque. L’exposition ne manque pas non plus d’éclaircir les zones d’ombres qui entourent la mort de Napoléon, en croisant les nombreuses sources historiques avec de nouvelles disciplines dans le champ de la médecine ou de l’analyse des matériaux, offrant au visiteur la possibilité de mener lui-même l’enquête : muni du dossier médical du défunt, il sera plongé dans la peau du docteur Antommarchi qui réalisa l’autopsie – exigée par Napoléon avant sa mort – et dont la trousse chirurgicale (rassurons les hématophobes, les outils ont été bien nettoyés depuis !) est ici exposée aux côtés du masque mortuaire, dont l’analyse morphologique a permis la reconstitution inédite du visage de Bonaparte. De la veillée funèbre à son repos solitaire à Sainte-Hélène, le spectre de Napoléon aura rejoint peu à peu l’Europe et pris une toute nouvelle dimension lors du retour de ses cendres à Paris, près de vingt ans après sa mort, culminant lors de son entrée solennelle sous le Dôme des Invalides. Toutes ces scènes participèrent au renouvellement iconographique autour de la figure quasi mythologique de Napoléon, qui au-delà même de son vivant sera parvenu à parfaire son image et à marquer l’Histoire de son sceau.

Le saviez-vous ?

C’est Louis-Philippe qui rappela en 1840 le cercueil de Napoléon pour le faire ensevelir à Paris le 15 décembre de la même année lors de funérailles nationales aux Invalides. Il s’agit alors d’une manœuvre éminemment politique : une fois la mémoire collective apaisée après les douloureuses guerres napoléoniennes, une partie de la population devient nostalgique de la grandeur de l’Empire. Les funérailles organisées en grande pompe associent alors dans l’imaginaire collectif la figure glorieuse de l’ancien empereur et celle du souverain régnant.

Focus sur… Le tombeau de Napoléon Ier

Il aura fallu près de 20 ans pour que le corps de Napoléon Ier ne revienne de Sainte Hélène pour être enterré sur le sol français, sous le règne de Louis-Philippe. Et il faudra 20 autres années pour réaliser un tombeau suffisamment somptueux pour permettre au défunt empereur de reposer en paix sous le majestueux Dôme des Invalides. Une crypte en guise d’écrin de 23 mètres d’envergure, 5 cercueils réalisés dans les matières les plus nobles (fer-blanc, bois d’acajou ou d’ébène), douze Victoires en marbre blanc comme autant d’allégories de la puissance impériale commémorant les grandes campagnes de Napoléon qui devient dès lors officiellement un monument national à lui seul.

Le Saviez-vous ? 

L'église du Dôme des Invalides fut construite sous l’autorité de Louis XIV et achevée en 1706. Sa célèbre coupole dorée culminant à plus de 110 mètres restera l'édifice le plus haut de Paris jusqu’à l’érection de la tour Eiffel en 1889.

Réservation obligatoire

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