La grande rétrospective de Georg Baselitz exposée au Centre Pompidou

Centre Pompidou
Du 20 octobre 2021 au 7 mars 2022

Georg Baselitz est à l’honneur de cette nouvelle exposition au Centre Pompidou dans une rétrospective magistrale qui revient sur l’intégralité de la carrière d’un artiste habité par l’histoire et la mémoire. Né en Allemagne en 1938, Baselitz sera confronté très jeune au chaos et à la destruction. Mais loin de vouloir effacer l’histoire, il va chercher dans son art à exhumer des cicatrices du passé dans des œuvres torturées, criant la douleur de corps blessés, d’âmes déchirées, d’un monde renversé. Six décennies de création se déroulent ici dans un flux troublant de répétition, frôlant même parfois l’obsession. Le temps qui passe semble n’avoir aucune prise sur l’artiste. A la fois peintre et sculpteur, ni vraiment abstrait ni totalement figuratif, Baselitz peint ce qui n’est pas encore, dans une œuvre puissante qui semble venir de loin. Souvenir, imaginaire, intuition, une œuvre à l’écart qui ne peut être comparée à aucune autre. Baselitz ne transige pas, il se bat contre l’ordre établi. A commencer par ses iconiques personnages peints tête en bas, une manière pour l’artiste de fuir des dictats de la représentation traditionnelle, d’inverser les codes, de déconstruire l’ordre.

 

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« L’art est le fait d’anarchistes, de rebelles, inutiles à l’ordre. Ce qui veut  dire que, dans le contexte social, les artistes sont d’abord des parias ». Ces  mots sont prononcés par Georg Baselitz lui-même, qui à l’aube de ses 84 ans,  poursuit son travail de déconstruction de la figuration traditionnelle en lui insufflant une violence toujours plus radicale. Le Centre Pompidou sacre ce monument de l'art contemporain en organisant une vaste rétrospective qui revient, de manière chronologique, sur plus de 60 ans de création. De ses premières peintures du début des années 1960 à la série des Héros, des Compositions fracturées aux motifs renversés, en passant par les ensembles successifs d’œuvres pour lesquelles l’artiste expérimente de manière magistrale de nouvelles techniques picturales,puisant dans l’Histoire de l’art avec des références intimes à l’œuvre d’Edvard Munch, d’Otto Dix ou Willem de Kooning, Georg Baselitz fait figure d’inclassable.  « Brutal », « naïf », « gothique », l’art de Baselitz oscillant sans cesse entre figuration, abstraction et approche conceptuelle, agresse. Mû par un esprit de révolte, cet héritier de l’expressionnisme allemand des années 20 développe une œuvre poignante, provocatrice, d’une brutalité inouïe, autrement dit sublime et vivante.

Focus sur...

 

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Dès la fin des années 60, le peintre allemand renverse ses toiles. Sur un coup de tête , l’artiste se met à peindre à l’envers ; ce sera sa marque de fabrique. Ces portraits inversés mettant à mal nos perceptions nous interrogent directement sur l’essence même de la peinture. Il s’agit là aussi d’un premier pas timide vers l’abstraction pour celui qui désigna avec un sens intact de la provocation, l’Allemagne comme le pays des tableaux les plus moches…

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« Je pense que la sculpture est un chemin plus direct que la peinture pour arriver au même résultat, parce que la sculpture est plus primitive, plus brutale et moins réservée comme la peinture l’est parfois ». Influencé par les arts premiers, Georg Baselitz s’abandonne dans les années 80 à la sculpture sur bois. Ce nouveau support lui permet alors d’exprimer toute la violence du monde contemporain : l’artiste allemand, animé par une folie furieuse, et souvent armé d’une tronçonneuse, donne naissance à ces corps mutilés portant littéralement sur leur visage leurs blessures, fissures et cicatrices.

 

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