Exposition Sawako Kabuki à la Galerie Miyu : pas de tabou autour du corps féminin
Galerie Miyu Du 24 février au 8 avril 2023
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Au premier regard, les œuvres de Sawako Kabuki passent volontiers pour provocantes. Des corps féminins dénudés, dont la taille est souvent réduite, leur donnant des allures de petites poupées au sein d’une réification érotique. L’artiste japonaise prend sûrement plaisir à susciter de vives réactions chez son spectateur, mais l’emploi d’une iconographie sensuelle est loin d’être anodine. Ses dessins numériques soulèvent des sujets tabous, souvent jugés épineux, tristement peu abordés. Sawako Kabuki n’en a cure et prend à bras-le-corps les thèmes perçus comme honteux, des maladies mentales aux menstruations, faisant s’envoler toute pudeur habituellement associée à l’imagerie corporelle. Toute l’intelligence de cette graphiste et réalisatrice de films d’animation se trouve dans l’alliance entre des réflexions profondes, une esthétique pop et un ton savamment humoristique. À travers des personnages transformés en grains de riz ou en fluides corporels, l’artiste parvient à alléger le constat d’un corps associé à un objet de consommation, en y ajoutant une touche comique, faisant preuve d’un recul saisissant sur la représentation de la féminité. Pour sa première exposition personnelle en Europe, le résultat se révèle aussi graphique que thérapeutique, pour l’artiste comme pour le visiteur.
M et T sont des marques de la RATP. Sous réserve de disponibilité, les logotypes de la RATP sont téléchargeables et exploitables gratuitement à partir du site data.ratp.fr dans les conditions visées au sein de celui-ci.
Vous êtes observés. Pas par une caméra de surveillance. Par une œuvre qui vous répond. Ici, le trouble règne en maître. Certaines œuvres donnent la parole à des intelligences artificielles qui s’adressent à nous avec une étrange familiarité. D’autres transforment des images intimes en données exploitables, des récits personnels en protocoles. Le malaise ne vient pas d’un discours, mais d’une reconnaissance immédiate : ces situations, on les connaît.
LAFAYETTE ANTICIPATIONS Du 1er avril au 19 juillet 2026
Qui va sauver le monde ? Certainement pas Ladji Diaby. Et surtout pas de la manière attendue. Ici, l’artiste ne brandit ni slogan écologique ni prophétie politique. Il arrive après la tempête. Quand le décor est déjà fissuré, quand les récits rassurants ont cessé de fonctionner. Son installation ressemble à un après-coup : un monde fait de restes, de fragments, d’objets chargés de vies antérieures. Rien n’est neuf. Tout a déjà servi. Et c’est précisément là que quelque chose recommence. Diaby travaille avec ce qu’il trouve, au sens littéral. Des objets issus de sa maison familiale à Ivry-sur-Seine, des fragments abandonnés, des traces de pop culture, des reliques de rituels, des éléments intimes déplacés d’une vie à l’autre.
Recréer l’énergie d’un moment où l’objet domestique et l’image Pop ont cessé de s’ignorer : telle est l’ambition de cette exposition audacieuse. En février 1966, à Milan, Sottsass expose les Mobili Fly. Des meubles verticaux, géométriques, saturés de couleur, qui ne cherchent plus à servir mais à affirmer. Au même moment, Warhol élève les produits de consommation au rang d’icônes.
L’abstraction peut tonner, s’imposer, envahir l’espace. Emily Mason a choisi l’exact inverse. L’exposition qu’Almine Rech consacre à cette figure majeure de la scène américaine révèle une peinture débarrassée du vacarme héroïque des années 1950, une œuvre qui avance par lumière plutôt que par emphase.
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