Exposition de Ladji Diaby, Who’s Gonna Save The World ? à Lafayette Anticipations

LAFAYETTE ANTICIPATIONS
Du 1er avril au 19 juillet 2026

Qui va sauver le monde ? Certainement pas Ladji Diaby. Et surtout pas de la manière attendue. Ici, l’artiste ne brandit ni slogan écologique ni prophétie politique. Il arrive après la tempête.

 

1

Quand le décor est déjà fissuré, quand les récits rassurants ont cessé de fonctionner. Son installation ressemble à un après-coup : un monde fait de restes, de fragments, d’objets chargés de vies antérieures. Rien n’est neuf. Tout a déjà servi. Et c’est précisément là que quelque chose recommence. Diaby travaille avec ce qu’il trouve, au sens littéral. Des objets issus de sa maison familiale à Ivry-sur-Seine, des fragments abandonnés, des traces de pop culture, des reliques de rituels, des éléments intimes déplacés d’une vie à l’autre. Il ne les embellit pas, ne les sublime pas. Il les assemble. Il les laisse parler. Un geste radical qui refuse la maîtrise. L’artiste s’efface derrière les artefacts. Il parle de hasard, de magie, de forces qui dépassent la volonté individuelle. Dans un monde obsédé par le contrôle, la performance et la solution, cette posture a quelque chose de subversif. Au milieu de ces ruines assumées, s’érige une question : si l’effondrement est une donnée, que faisons-nous de ce qui subsiste ? Quels récits peut-on encore fabriquer à partir des débris ? Ses œuvres fonctionnent comme des talismans bricolés pour survivre dans un monde abîmé. Elles mêlent croyances, mémoire, politique et imaginaire sans jamais les hiérarchiser. Diaby ne propose pas une utopie clé en main mais en esquisse des issues possibles, aussi fragiles et imparfaites soient-elles, tant qu’elles restent habitables. Face à cette installation, aucune consolation. Nous sommes placés devant une évidence dérangeante : personne ne viendra sauver le monde à notre place. Peut-être faut-il d’abord accepter sa chute pour inventer autre chose. Pas un avenir glorieux. Un avenir tout court.

LAFAYETTE ANTICIPATIONS
Du 1er avril au 19 juillet 2026
9 rue du Plâtre, 75004 - M° Rambuteau (11)
Du mer. au dim. 11h-19h - Fermé lun. et mar.
Entrée libre


Vous aimerez aussi…

Capture d’écran 2026-03-04 105351
  • Gratuit
  • Incontournable

Exposition Moi et les autres, regards d’artistes sur nos vies en ligne, à la Fondation Groupe EDF

FONDATION GROUPE EDF
Jusqu’au 27 septembre 2026

Vous êtes observés. Pas par une caméra de surveillance. Par une œuvre qui vous répond. Ici, le trouble règne en maître. Certaines œuvres donnent la parole à des intelligences artificielles qui s’adressent à nous avec une étrange familiarité. D’autres transforment des images intimes en données exploitables, des récits personnels en protocoles. Le malaise ne vient pas d’un discours, mais d’une reconnaissance immédiate : ces situations, on les connaît.

Nancy Graves, Permanent Tension, 1989, huile sur toile et aluminium anodisé, 102 x 117 cm © Nancy Graves Foundation Inc Licensed by ARS, New York, NY ©Pauline Assathiany Courtesy Ceysson & Bénétière
  • Contemporain
  • Gratuit

Nancy Graves à la Galerie Ceysson & Bénétière

GALERIE CEYSSON & BÉNÉTIÈRE
Du 20 mai au 20 juin 2026

Nancy Graves (1939-1995) a passé sa vie à confondre les disciplines. Une des premières femmes à avoir une exposition solo au Whitney (1969, avec ses chameaux grandeur nature), elle poursuit dans les années 1970-1990 un travail où paléontologie, astronomie, zoologie et archéologie se croisent sur la toile.

Expo_Sumo 2_ photo © Bruno Aveillan
  • Gratuit
  • Photo

Sumo, forces sacrées

Maison de la Culture du Japon à Paris
Du 9 juin au 26 septembre 2026

Le sumo commence par du sel. Une poignée jetée sur la terre battue, un pied qui frappe le sol, la longue respiration de deux géants face à face.

Kiki Smith, 
Sungrazer VIII, 2019, 
SCULPTURE, 
bronze, 
107-1/4" × 48" × 48" (272.4 cm × 121.9 cm × 121.9 cm), 
#73284.01, 
Format of original photography: high res TIFFs.
  • Gratuit

Kiki Smith expose Flight

Galerie Lelong
Du 21 mai au 11 juillet 2026

Il y a quarante ans, Kiki Smith sculptait des intestins de verre, des cœurs de cire, des fœtus en résine. L'artiste américaine – née à Nuremberg en 1954