L'exposition hommage d'Hannah Villiger au Centre Pompidou

Centre Pompidou
Du 3 avril au 22 juillet 2024

 

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Un pouce, un poing fermé, un regard azur et quelques taches de rousseur... Et si nous prenions le temps de reconstituer l’étrange puzzle laissé par Hannah Villiger ? Nous ne sommes visiblement pas les seuls à vouloir recoller les morceaux ; le Centre Pompidou tente, lui aussi, de dresser le portrait fragmentaire d’une artiste insaisissable, accolant des bribes de Hannah les uns avec les autres jusqu’à identifier chaque parcelle de son corps nu. Faut-il voir dans cet album impudique un brin narcissique des signes de protestation identitaires ou de revendications féministes ? Rien n’est moins sûr. Contrairement à ses consœurs Valie Export, Cindy Sherman ou Orlan, Hannah Villiger use des polaroïds, non pas comme une photographe, mais bien comme une sculptrice. Face à l’objectif, l’artiste se met à scène, élevant sa propre enveloppe charnelle au rang de matériau unique et universel. Elle expérimente, fait le choix du gros plan et des agrandissements pour inonder l’espace. La photographe laisse l’appareil modeler son corps, le plonger dans l’obscurité ou l’habiller d’un flash de lumière blanche. Sa peau laiteuse devient alors calcaire, opale, marbre. Imaginée comme un véritable corps-à-corps avec la matière, l’exposition fait ainsi disparaître les frontières avec la chair pour laisser place aux fragments éclatés d’une statue reconstituée.

 

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