L'exposition Anthropisme de Christophe Abadie à la galerie Cyril Gernieri
GALERIE CYRIL GUERNIERI
Du 13 mars au 4 avril 2026
Un monde oscille entre le souvenir et le surgissement. Des adolescents flottent dans des piscines troubles, des silhouettes montent dans les arbres, des enfants s’ébrouent, se battent ou rêvent, sans que rien ne soit jamais tout à fait clair. Les scènes qu’invente Christophe Abadie n’ont pas besoin de récit : elles tiennent de l’apparition. Une peinture dense, intuitive, intérieure.
L’exposition Anthropisme, à la galerie Cyril Guernieri, retrace plus de vingt ans de création et donne toute sa mesure à cet art profondément incarné. Le mot, inventé pour l’occasion, dit bien ce qu’il faut : un tropisme vers l’humain, au sens large, au sens fragile. Peindre, pour Abadie, revient à sonder la matière comme on traverse une mémoire - avec violence, doute, tendresse, insistance. La touche est souvent râpeuse, la lumière mate, la figuration toujours en tension. Un enfant traverse l’eau, des figures avancent sans but précis, des visages s’éloignent comme s’ils appartenaient déjà à un autre temps. Chez Abadie, la peinture accompagne des trajectoires incertaines, des départs, des dérives, des retours peut-être. Moins un sujet qu’un mouvement. Moins une scène qu’un passage. Formé aux Beaux-Arts dans les ateliers de Veličković et Hadad, Christophe Abadie a traversé les décennies avec une rare fidélité à la peinture, quitte à douter, à tomber, à recommencer. Ses œuvres, souvent habitées par l’enfance, par l’absence, par la perte aussi, s’inscrivent dans une tradition figurative exigeante, que l’on pourrait rapprocher de Peter Doig, Borremans ou Ronan Barrot. Mais ce qui les distingue peut-être avant tout, c’est leur puissance de silence.
Un monde sans discours, mais pas sans voix. Dans ce chemin obstiné, fait d’allers-retours entre peinture et dessin, entre Bretagne et Île-de- France, entre urgence et retrait, l’artiste explore les marges de nos existences. L’entre-deux d’un geste, d’une pensée, d’un âge. C’est là, dans ce vacillement, que naît sa peinture. Une peinture à hauteur d’homme.
GALERIE CYRIL GUERNIERI
Du 13 mars au 4 avril 2026
11 rue Visconti, 75006 - M° Odéon (10)
Du mar. au sam. 11h-13h, 14h-19h
Entrée libre



