Avant les Nymphéas MONET DÉCOUVRE GIVERNY,1883-1890 au Musée des Impressionnismes
Musée des Impressionnismes Giverny
Du 27 mars au 5 juillet 2026
Un jardin sans bassin. Une maison sans atelier. Et pourtant, tout est déjà là. Avant les nymphéas, avant les grandes eaux dormantes qui feront sa gloire, Claude Monet découvre à Giverny une terre de peinture. Nous sommes en 1883. Il vient de quitter Poissy, s’installe avec Alice Hoschedé et ses enfants dans une maison de campagne, à deux pas de la Seine. Le lieu est encore modeste, mais il capte une lumière, une respiration, une densité de paysage qu’il n’a plus envie de quitter.
Le Musée des Impressionnismes Giverny retrace ces premières années, entre installation et révélation. Le Monet que l’on croit connaître, cerné par les nénuphars et les jeux d’eau, n’est pas encore là. Il peint des prairies, des peupliers, des collines à l’horizon. Il cherche l’équilibre entre nature et figure. Suzanne, Blanche ou Jean posent à contre-jour dans les marais. Le peintre veut ancrer l’humain dans le paysage, comme une vibration de plus dans la matière. C’est une peinture de l’instant, tendue vers une idée du mouvement. Une série de coquelicots, une ombrelle en bord de champ, la lumière déjà fuyante. Monet ne compose plus, il voit. Et ce qu’il voit, en cet entre-deux du réel et de la sensation, va peu à peu transformer la peinture.
À Giverny, il apprend à désapprendre : la forme s’efface, l’atmosphère l’emporte. Ses toiles deviennent des champs de perception, des variations plus que des sujets. Belle-Île, Antibes, la Creuse lui permettent d’aiguiser cette quête ; mais c’est à Giverny que la bascule s’amorce. L’accrochage, d’une grande clarté, suit cette mue avec délicatesse. On y croise un Monet encore insaisissable, passionné, mais en prise avec ses doutes. Il peint comme il cultivera plus tard : avec patience, exigence, et un sens aigu de ce que peut un lieu. Les vues de Vernon, les bras de Seine, les champs labourés deviennent autant de fragments d’un monde en formation. Et quand les meules apparaissent, en 1890, on sent que tout est prêt. Le paysage est devenu pur motif, pur tempo.
Dans cette décennie fondatrice, la peinture de Monet ne cesse de glisser – vers plus de liberté, plus de lumière, moins d’attache. Avant les nymphéas, il y eut le vert profond des haies, les ciels mouillés de Normandie, les sillons d’herbe et de brume. C’est ce moment précis que l’exposition donne à voir. Celui d’un peintre qui, sans le savoir encore, s’apprête à changer le cours de l’histoire de l’art.
Musée des Impressionnismes Giverny
Du 27 mars au 5 juillet 2026
99 rue Claude Monet, 27620 Giverny



