Exposition Bonnes mères au MUCEM

MUCEM
Jusqu’au 31 août 2026

Il n’y a pas de figure plus universelle. Et pourtant, aucune n’est plus chargée d’injonctions. La maternité se déploie au Mucem dans toute sa complexité méditerranéenne. Quatre millénaires d’images, de récits, de cultes et de combats s’entrelacent dans un parcours ample qui refuse la vision rassurante de la “bonne mère” éternelle. Des déesses-mères antiques aux Vierges à l’Enfant, de la Bonne Mère marseillaise aux figures patriotiques, l’exposition nous montre comment la maternité a été façonnée, sacralisée, instrumentalisée.

 

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Terre cuite antique, icônes, chefs-d’œuvre de la Renaissance, installations contemporaines : les œuvres dialoguent sans hiérarchie. Botticelli côtoie Niki de Saint Phalle. Pierre et Gilles croisent Fatima Mazmouz. Joana Vasconcelos fait battre un cœur monumental. L’entrée est solaire, presque enveloppante. On y traverse les imaginaires idéalisés : fécondité, protection, abnégation. Puis le récit se fissure. Les réalités surgissent – deuil périnatal, interruption de grossesse, solitude, fatigue invisible. La maternité cesse d’être un mythe pour redevenir une expérience.

Au fil des 350 œuvres réunies, la mère se raconte autrement, elle travaille comme si elle n’avait pas d’enfant, élève ses enfants comme si elle n’avait pas de travail. Le mur des proverbes méditerranéens, drôle et mordant, révèle combien cette figure est à la fois intime et politique. La scénographie, immersive sans être spectaculaire, nous invite à circuler entre passé et présent, mythe et réalité, sacré et quotidien. La maternité apparaît alors comme une construction sociale mouvante, traversée par des attentes contradictoires. Elle peut être refuge, contrainte, puissance, transmission. Elle peut être choisie, empêchée, transformée. Et finalement, une évidence, la “bonne mère” n’existe pas. Il n’existe que des mères, au pluriel.

MUCEM
Jusqu’au 31 août 2026

1 esp. J4, 13002 Marseille