Monet au Havre

MUMA - MUSÉE D’ART MODERNE ANDRÉ MALRAUX
Du 5 juin au 27 septembre 2026

Monet au Havre

 

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Cent œuvres pour remonter aux sources du peintre. Dessins au crayon d’un adolescent de quinze ans, caricatures vendues chez l’encadreur du port, premières huiles, carnets de croquis, paysages maritimes. De 1845 à 1874 – trente années formatrices avant la première exposition impressionniste à Paris – le MuMa reconstitue la chrysalide. On y voit Monet avant Monet : le Havrais, le marin, le fils de commerçant, l’élève de Boudin, le rebelle qui refuse de rentrer dans le rang. À vingt-sept ans, en 1868, Claude Monet trace au pastel sur une feuille de vingt-et-un centimètres sur trente-cinq l’un des premiers manifestes de l’impressionnisme. Six ans avant l’exposition fondatrice, tout y est déjà : ligne d’horizon basse, ciel devenu matière, buisson en contre-jour, orangé qui vibre, instant saisi. L’œuvre appartient à une quinzaine de pastels de la même année, où Monet étudie le même motif heure par heure. La méthode sérielle est née là.

 

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C’est le choc du centenaire. Deux œuvres monumentales, plus de quinze mètres de long chacune, six cent cinquante mille briques de LEGO® assemblées pixel à pixel pour refaire les Nymphéas de Monet. Deux murs de couleur, massifs, vibrants, saturés – et face à eux, la toile historique offerte par Monet à la Ville du Havre en 1910. Cinquante mètres carrés de peinture contemporaine en face d’un seul tableau centenaire. Le face-à-face le plus tendu de la saison. Ai Weiwei signe ici l’une des plus vastes relectures des Nymphéas jamais tentées. Le dissident chinois, architecte, figure mondiale de l’art engagé, vient pour la première fois en Normandie, sur les traces du peintre dont il contemple depuis vingt ans les toiles au MoMA de New York. Il n’y vient pas en pèlerin. Il y vient avec deux monstres de couleur, construits dans un matériau industriel, sériel, globalisé, enfantin - la brique plastique. Comme un miroir brutal tendu à l’impressionnisme, cent ans plus tard.

Focus sur : WATER LILIES, Ai Weiwei, 2022

Deux panneaux géants, des milliers de briques plastique, une palette qui reprend celle des Nymphéas tardifs de Monet - roses cassés, verts d’eau, bleus éteints. De loin, on croit voir un tableau. Ai Weiwei rend aussi hommage à son père, le poète Ai Qing, formé à Paris dans les années 1930, profondément marqué par l’impressionnisme, avant d’être réduit au silence par le régime communiste chinois à son retour.

 

MUMA - MUSÉE D’ART MODERNE ANDRÉ MALRAUX
Du 5 juin au 27 septembre 2026
2 bd Clemenceau, Le Havre