Walker Evans

Jusqu’au 14 août 2017
Centre Pompidou //

 

4

Born in the USA

Le jeudi 24 octobre 1929, les États-Unis s’effondrent. Krach boursier, la chute durera dix ans. Le pays doit faire face à la plus grande crise économique que le XXe siècle ait connue, dont le monde entier pâtira progressivement par la suite. Commence alors la longue traversée de ce qu’on nomme la Grande Dépression, titre suffisamment évocateur pour cette période de récession et de misère. La société est profondément marquée, mais les individus le sont davantage. Le regard sans éclat, les traits tirés, l’horizon n’est plus à portée de vue pour les Américains durant les années 1930. Ils ont cette expression hagarde dans les yeux, interrogatrice autant qu’accusatrice, tout en fixant distinctement l’objectif du photographe, Walker Evans. Ce jeune diplômé, à l’époque, commence tout juste la photographie, et parvient à capter la morosité ambiante. Dans un style documentaire qui lui est propre, frontal, brut, interne, il va à la rencontre de ceux qui composent l’Amérique rurale, et malgré lui, les transforme en icônes modernes. Il intègre par la suite la prestigieuse équipe du Time et de Fortune, continue de mettre la culture américaine sur le devant de la scène et sous un certain jour. Attentif aux détails, les moments du quotidien d’une apparente banalité trouvent un nouveau souffle à travers l'appareil du photographe, et la rue se pave d’intérêt. Walker Evans saisit la culture vernaculaire des États-Unis, le langage propre à cette communauté, sa routine citadine, et va porter son dévolu sur ce qui l’érige. Typographie d’enseignes, agencement d’étalages, devantures commerçantes, éléments anecdotiques en apparence qui retranscrivent pourtant une identité et un état d’esprit de la société. À travers près de 300 tirages d’époque, le Centre Pompidou vous entraîne sur les pas de Walter Evans et de ceux qu’il a rendus immortels.

Walker Evans (1903-1975) is one of the most important American photographers of the 20th century. The Centre Pompidou is now presenting the first major museum retrospective of his work in France. Through his attention to the details of everyday life and urban banality, he largely helped to define the visibility of 20th-century American culture.

 

Centre Pompidou
Jusqu’au 14 août 2017
Place Georges Pompidou, 75004 - M° Rambuteau (11)
Du mer. au lun. de 11h à 21h    
Nocturnes le jeu. jusqu'à 23h   
Fermé le mar.  
Tarif : 14 € - Tarif réduit : 11 €    
Gratuit - 18 ans
Accessible aux personnes à mobilité réduite


Vous aimerez aussi…

Capture d’écran 2026-03-04 105351
  • Gratuit
  • Incontournable

Exposition Moi et les autres, regards d’artistes sur nos vies en ligne, à la Fondation Groupe EDF

FONDATION GROUPE EDF
Jusqu’au 27 septembre 2026

Vous êtes observés. Pas par une caméra de surveillance. Par une œuvre qui vous répond. Ici, le trouble règne en maître. Certaines œuvres donnent la parole à des intelligences artificielles qui s’adressent à nous avec une étrange familiarité. D’autres transforment des images intimes en données exploitables, des récits personnels en protocoles. Le malaise ne vient pas d’un discours, mais d’une reconnaissance immédiate : ces situations, on les connaît.

Abraham Ortelius Theatrum orbis terrarum : Islandia ;  Islande (carte illustree avec des monstres marins).
  • Découverte
  • Classique

Cartes imaginaires, L’autre chemin vers le réel ?

Du 24 mars au 19 juillet 2026
Bibliothèque nationale de France - site François-Mitterand

Les cartes n’ont jamais seulement servi à se repérer. Elles ont aussi permis de rêver, d’inventer, de projeter des mondes désirés ou redoutés.

IMG_0515
  • Gratuit
  • Contemporain

On a vu, on a adoré : Susanna Inglada, le dessin debout au Drawing Lab

Du 13 février au 10 mai 2026
Drawing Lab

Susanna Inglada réinvente le dessin en art sculptural et politique : silhouettes fragmentées, papier et céramique dévoilent violence, pouvoir et résistance.

  • Photo
  • Découverte

Martin Parr, une vision ironique du réchauffement climatique

Du 30 janvier au 24 mai 2026
Jeu de Paume

Cinquante ans que Martin Parr braque son flash sur les absurdités de notre monde. Un demi-siècle de dérèglements, saisis entre ironie et lucidité, où le grotesque devient miroir.