Passée au crible : Collections privées, privilège partagé

Musée Marmottan Monet
Du 13 septembre 2018 au 10 février 2019

Du 13 septembre 2018 au 10 février 2019 -
Musée Marmottan Monet //

 

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Quand on voit des chefs-d’œuvre de grands maîtres de l’Histoire de l’art partir à des prix mirobolants lors des ventes aux enchères, à l’image de la Fillette à la corbeille fleurie de Picasso adjugée 115 millions de dollars chez Christie’s en mai dernier, et qui appartenait à la collection Peggy et David Rockefeller ; on a du mal à croire que l’art est véritablement accessible à tous.
L’exposition du Musée Marmottan Monet est la parfaite illustration de cette richesse des collections privées. Suite attendue de l’exposition « Impressionnistes en privé » montée en 2014, ce deuxième acte se compose d’une soixantaine d’œuvres, majoritairement des peintures, encore jamais montrées au public. Il forme alors un ensemble d’une grande qualité : un échantillon de la période tant fantasmée du passage du XIXe au XXe siècle. Ainsi de l’Impressionnisme aux Fauves, on découvre des Renoir, Monet, Degas, Van Gogh, Gauguin, Toulouse-Lautrec, Bonnard, Matisse, Picasso… le tout, de manière inédite. Et si la scénographie reste classique, c’est parce que ces toiles se suffisent, bien sûr, à elles-mêmes.
Parmi ces dernières, il est difficile de choisir celles devant lesquelles on s'extasie le plus. Citons tout de même cet étonnant Gustave Caillebotte aux bords arrondis, réalisé sur mesure en 1890 pour s’encastrer dans les boiseries de l’appartement de son frère Martial, et l’une des dernières œuvres du peintre impressionniste. Parmi les autres raretés dénichées, La Blanchisseuse d’Henri de Toulouse-Lautrec réalisée à la fin des années 1880. Cette œuvre d’une grande douceur, où le blanc éclatant de la blouse du sujet est rendu possible par une accumulation de touches de couleurs, change considérablement des Buveuses d’absinthe et autres Goulues que l’on connaît du peintre parisien par excellence. Elle se découvre avec ravissement dans cet accrochage, aux côtés de son pendant Femme rousse assise dans le jardin de M. Forest. On s’aperçoit en effet que le modèle est le même…
Et c’est bien là que se trouve la force de cette exposition : révéler ces peintres comme on ne les voit jamais et leur découvrir d’autres intérêts, parfois même d’autres styles. Ici, leurs toiles dégagent une sobriété et une humanité claire. À moins que ce ne soit l’effet de la nouveauté ? Les merveilleux paysages des pointillistes Seurat ou Théo van Rysselbergh achèvent quant à eux de nous convaincre : il n’y a pas à dire, c’est un privilège de jouir de telles œuvres dans son salon.


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