L'exposition évanescente de Jean-Michel Lenoir à la galerie Hegoa

Galerie Hegoa
Du 5 décembre 2020 au 20 février 2021

Et si l’on prenait un instant pour soi ? Une respiration, dans ce monde qui vit en accéléré et qui finit par nous oppresser… Jean-Michel Lenoir est un photographe poète, qui suspend le temps. Un artiste qui nous emmène dans son monde, un univers bien réel qui nous fait un bien fou. C’est ainsi, soudain, que l’on s’éveille dans un champ enneigé, en plein cœur de Paris. Nous nous rendons dans la galerie Hegoa, l’une des plus chaleureuses et accueillantes du tout-Paris, pour découvrir les images de Jean-Michel Lenoir, comme une ode à la nature, nous plongeant dans des espaces de brumes aux atmosphères épurées, plongés dans une lumière froide et vivace, nous égarant entre les cygnes chanteurs, les lacs et les brouillards vaporeux. Une silhouette frêle se distingue dans cet horizon lunaire, celle d’un arbre, comme pour nous rappeler l’équilibre fragile de notre environnement. Une perfection fugace que nous seul avons la chance de pouvoir frôler, l’espace d’un instant. Chaque œuvre est un véritable miracle. Ici, un renard dévale la pente neigeuse, là-bas c’est un renne qui regarde au loin. Un univers monochrome qui témoigne des beautés de l’écume des neiges, comme un mirage fantomatique, un instant évanescent, capturant l’insaisissable.

Et il s’établit ici un dialogue très spontané entre les créations éblouissantes d’Éric Charpentier habillées de plumes délicates et les silhouettes fragiles des sculptures de Sylvie Mangaud qui semblent avoir traversé les images veloutées de Lenoir pour poursuivre leur chemin.

Par sa sensibilité et sa délicatesse, cette exposition sublime l’isolement, pour en faire une œuvre d’art. Nulle présence humaine ici, et pourtant, on se sent bien, nous donnant l’impression de sortir d’un long sommeil, durant lequel tout se serait arrêté. Une exposition résolument actuelle comme un appel à se rapprocher de l’essentiel, à réapprendre à regarder autour de nous. Car même si cette beauté évanescente devait disparaître, sa fugitive apparition nous aura ravi pour l’éternité.

 

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Évanescent : le mot se dit de ce qui disparaît progressivement. La pluie, la neige, l'écume et la brume en sont les manifestations appliquées à la nature dont elles brouillent les paysages, les lignes des arbres et les silhouettes des collines qui s'évanouissent dans l'horizon. Jean-Michel Lenoir s'est fixé deux lignes de force pour cette nouvelle série de photographies : l'évanescence et le blanc, qu'il définit comme « cette non couleur qui sublime la richesse des nuances et révèle la douceur des contrastes ». Le glissement s'opère prodigieusement : de ces paysages, de cette faune sauvage camouflée dans le blanc si pur de la neige, on ne distingue plus ni le cliché, ni la couleur. Magie et mystère. Le photographe devient illustrateur pour nous entraîner frénétiquement dans son univers onirique et monochrome où le rêve devient une possibilité de réalité. Et si la neige délicate et éphémère fond, ce n'est que pour laisser place à un nouveau printemps.

« "Évanescence"  est une recherche personnelle sur les ambiances minimalistes et les paysages épurés, photographiés ici et là depuis le pas de ma porte jusqu’aux contrées du nord de l’Europe. Neige, glace et brume forment l’âme de ce travail purement photographique, le fil conducteur de ce qui nourrit mon regard photographique depuis plusieurs années. Cette série d’images est le prolongement de mon précédent travail, "Les âmes sylvestres ", qui restitue une vision graphique et esthétique de la nature. Une manière pour mon regard d’aller à l’essentiel en ne retenant que les quelques éléments qui esquissent plus qu’ils ne décrivent le sujet. » Jean-Michel Lenoir

 

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Aux photographies de Jean-Michel Lenoir se joignent les œuvres d'Éric Charpentier et de Sylvie Mangaud. Le premier découvre l'art fragile et éphémère de la plumasserie en 2019. Immédiatement séduit par l'élégance de ce savoir-faire, il nous offre ici de véritables sculptures en métamorphosant de simples plumes. Sylvie Mangaud, elle, nous propose des sculptures longilignes aux allures de silhouettes fantomatiques et fascinantes.

Nos photos de l'exposition :

 

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