FIAC : Du côté de la Chine

Souvent boudés par les galeristes occidentaux, les artistes chinois n’en restent pas moins les plus côtés au monde. Avec une vingtaine d’artistes dans le Top 50 mondial et plus d’un tiers des ventes de la planète (devant les Etats-Unis), les artistes chinois restent, étonnement, peu connus en France. Pour comparaison d’ailleurs, notons que la France ne pèse même pas 1% du marché mondial de l’Art Contemporain. Certains noms ne vous sont peut-être pas inconnus, comme Zeng Fanzhi (né en 1964) qui avait eu une très belle rétrospective au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris l’an dernier, ou Huang Yong Ping qui a bouleversé la magnificence de la Nef du Grand Palais avec ses milliers de containers au printemps 2016. Néanmoins, et comme chaque année à la FIAC, les plus grands artistes chinois sont les grands absents. Sur 185 galeries, seules trois sont présentes à Beijing… On nous parle de difficultés diplomatiques, de « goût » occidental pour expliquer cette cruelle absence.

Zoom sur 5 artistes coups de cœur 

Hao Liang – L’Impressionniste chinois ?

C’est un peu le Claude Monet de l’Empire du Milieu. Hao Liang est tout jeune, 33 ans à peine, et c’est déjà une star mondiale, ses œuvres se vendant « facilement » à 1 million de dollars.  Loin des stéréotypes et des nouvelles technologies, l’artiste renoue avec la tradition pour réaliser des scènes de paysages d’une poésie troublante. Des peintures sur soie, dans des formats panoramiques monumentaux (allant jusqu’à 15 mètres de long sur moins d’un mètre de haut), qui laisse le visiteur perplexe, noyé dans l’immensité d’une nature retrouvée. Des fresques éminemment puissantes, hypnotisantes.

Représenté par la galerie Vitamin Creative Space

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Liu Wei (1965) – De qui se moque-t-on ?

L’œuvre de Liu Wei prend comme point de départ l’histoire récente de la Chine. Ce qui lui permet d’aborder les questions universelles de fragilité du pouvoir politique et de collusion entre la nature humaine et le développement urbain. Par ses installations monumentales, ses sculptures de ruines ou ses toiles pleines de second degré, l’artiste garde toujours une distance critique face à la société chinoise. Ses œuvres s’envolent sur le marché de l’art, atteignant allègrement les 5 millions de dollars.

Representé par la galerie White Cube

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Liu Ye – Délicieusement cher

Le monde de Liu Ye est tendre, paisible, optimiste. Ses œuvres sont des invitations à la contemplation, la rêverie, dans un équilibre gracieux. Devant ses toiles, le spectateur se trouve en prise à une profonde sérénité, prêt à voguer vers un imaginaire féérique. L’artiste se refuse à tout message poétique, et y préfère une invitation à regarder notre monde avec les yeux d’un enfant. Un regard qui a un prix : plus d’un million de dollar la toile.

Représenté par la galerie Vitamin Creative Space

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Yan Pei-Ming – Entre deux rives

S’il est né en Chine en 1960, Yan Pei-Ming vit en France depuis l’âge de 20 ans. Pas étonnant donc de le savoir aussi présent sur cette édition de la Fiac. Si ses portraits de personnalités telles que Mao Zedong, Picasso ou le Président Obama ont fait sa renommée mondiale, ses paysages monumentaux, peints à la brosse, en quasi monochrome, sont sans doute ses œuvres les plus poignantes.

Représenté par les galeries Thaddaeus Ropac , Massimo De Carlo , Collection Lambert

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Liu Xiaodong (1963)- L’ascension fulgurante

Considéré comme l'une des figures centrales de la « Nouvelle Génération » du Réalisme chinois contemporain, Liu Xiaodong est devenue une véritable star du marché de l’art international. Il y a encore 3 mois, une de ses peintures, de 10 mètres de long, était adjugée pour plus de 6 millions d’euros.

Représenté par la galerie Massimo De Carlo

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Huang Yong Ping- Le chouchou des Français

Beaucoup l’ont découvert lors de l’édition 2016 de Monumenta au Grand Palais, avec ses dédales de containers à donner le vertige… Le monumental, c’est clairement son créneau. Même s’il nous avait habitués à plus d’émotion dans ses œuvres : un serpent long de 130 mètres qui ondule l'été dans l'estuaire de Saint-Nazaire, une pieuvre géante qui déploie ses huit tentacules rongées par la pollution dans un musée à Lille, un éléphant grandeur nature qui piétine son ancienne peau au milieu des boiseries de l'institut Bernard Magrez, à Bordeaux. En bref, des œuvres engagées, et absolument spectaculaires. Que nous réservera-t-il cette année ?

Représenté par les galeries Kamel Mennour et Gladstone Gallery

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