Acheter à la FIAC selon votre profil

Investisseur, hédoniste, passionné, influenceur, érudit ou altruiste, le collectionneur d’art contemporain acquiert des œuvres bien différentes selon qu’il privilégie ou non certains critères : coup de cœur ou mûre réflexion ? Attention portée au projet artistique ou à ce que l’œuvre peut rapporter ? Beauté célébrée ou distinction sociale recherchée ? Nous avons dessiné cinq profils : vous êtes plutôt quel type ?


 

L'investisseur 

Celui qui cherche à diversifier son patrimoine

Sa devise : « Plus-value, portefeuille et spéculation.
Ressource, enchère et transaction »

Sa panoplie : Un téléphone portable toujours bien chargé. Plus de batterie et c’est la crise de nerfs : la valeur des œuvres s’envole et il n’est pas au courant, la côte des artistes dégringole et il se retrouve avec des tableaux sans valeur sur les bras. Et en plus il ne peut plus avoir accès aux catalogues complets des galeries qu’il avait pourtant pris bien soin de télécharger.

Ce qu'est pour lui une œuvre d'art : Un trophée artistique qui témoigne de sa réussite sociale et de son intuition (in)faillible.

Les œuvres que l'investisseur acquerra probablement cette année : Les toiles des artistes montants dont la côte se saurait tarder à s’envoler. Si ce n’est pas déjà le cas.

  • Yarisal & Kublitz, Glorious Gloria, 2010-2011 // Prix : 5 500 € (Galerie Laurent Godin, Paris)
  • Hsia-Fei Chang, Pin up, 2001 // Prix : 6 000 € (Galerie Laurent Godin, Paris)
  • Yarisal & Kublitz, Glorious Gloria, 2010-2011 // Prix : 68 000 € (Galerie Laurent Godin, Paris)

 


 

L'hédoniste

L’esthétisme avant tout

Sa devise : « Mais que c’est beau !
Ça irait très bien dans le bureau
à côté des rideaux Rothko »

Sa panoplie :
* Si tant est qu’il puisse se matérialiser, l’amour accompagne toujours l’hédoniste où qu’il aille. Le cœur de ce passionné flanche pour un tableau, un beau paysage, des couleurs flamboyantes… Il ne vit que pour l’art, le bel art.
* Des yeux grands ouverts. Il cligne rarement des yeux, sauf pour essuyer une larme d’émotion.

Ce qu’est pour lui une œuvre d’art : L’incarnation du beau, une passion qui envahit sa vie et tous les recoins de son appartement.

Les œuvres que l’hédoniste acquerra probablement cette année : Le cœur a ses raisons que la raison ignore, impossible de savoir vers quelle œuvre il se tournera. On vous donne quelques idées à partir de la sélection des hédonistes de la rédac.

  • Benjamin Deroch, Ceaeruleatus [teinté de bleu], 2016 // Prix : 800 € (Galerie Françoise Paviot, Paris)
  • Aki Lumi, Architectural nature n°9, 2016 // Prix : 4 500 € (Galerie Françoise Paviot, Paris)
  • Jessica Warboys, Hill of Dreams, 2016 // Prix : 15 000 € (Galerie Gaudel De Stampa, Paris)
  • Matthew Wong, Two Women, 2017 // Prix : au-delà de 15 000 € (Galerie Frank Elbaz, Paris)
  • Françoise Pétrovitch, Île, 2016-2017 // Prix : 35 000 € (Galerie Semiose, Paris)
  • Bernard Piffaretti, Untitled, 2016 // Prix : au-delà de 35 000 € (Galerie Frank Elbaz, Paris)
  • Ivan Navarro, Revolution III, 2017 // Prix : 105 000 € (Galerie Templon)
  • Anthony Cragg, Over the Earth, 2015 // Prix : 150 000 € (Konrad Fischer Galerie)

 


 

Le connaisseur

Le professionnel passionné d’art

Sa devise : « C’est une valeur sûre
C’est un artiste constant
C’est une œuvre mûre
C’est un projet intéressant »

Sa panoplie : Ne cherchez pas, l’attirail du connaisseur n’est pas visible. Tout se passe dans sa tête où ses méninges carburent à la connaissance. Juste pour donner de la crédibilité à son propos, il portera éventuellement quelques book d’artistes ou catalogues de galeries. Il ne faudrait tout de même pas que les gros collectionneurs qu’il conseille et guide pensent qu’il est fumeux...

Ce qu’est pour lui une œuvre d’art : Un concept sur lequel intellectualiser. Il agit aussi en pratiquant la revente et le prêt d’œuvres.

Les œuvres que le connaisseur acquerra probablement cette année : Des grands noms : il se doit d’être à la pointe.

  • Man Ray, L'étoile de mer, 1928 // Prix : 17 500 € (Galerie Françoise Paviot, Paris)
  • Marcel Broodthaers, Bateau Tableau (Set), 1973 // Prix : 125 000 € (Konrad Fischer Galerie)
  • Daniel Buren, Polychromes Hochrelief Tableau (schwarz weiss rot), 2017 // Prix : 150 000 € (Konrad Fischer Galerie)

 


 

L'altruiste 

L’artiste avant tout

Sa devise : « Racontez moi la genèse de ce tableau
L’inspiration ne vous a-t-elle jamais fait défaut ?
Et puis votre enfance, lorsque vous étiez jeunot ?
Être artiste n’est-il pas un fardeau ? »

Sa panoplie :
* Des oreilles à l’écoute et à l'affût, c’est selon. Il cherche par tous les moyens à connaître les artistes de long en large. Démarche, histoire, projet, perspective d’évolution : rien ne doit lui échapper.
* Une verve sans commune mesure. Avec fougue, il se fait le promoteur du talent des artistes, de leur personnalité, de leur persévérance. Sans oublier leurs œuvres, bien sûr.

Ce qu’est pour lui une œuvre d’art : Un support sur lequel échanger avec les artistes, les galeristes, les collectionneurs, les conservateurs, les commissaires d’exposition, les investisseurs (sans grand succès, il faut le dire), les hédonistes, les connaisseurs… Tout le monde !

Les œuvres que l’altruiste acquerra probablement cette année : Des artistes à la démarche étonnante, unique et engagés.

  • Sara MakKillop, Book stand book (marble), 2013 // Prix : 500 € (Galerie Florence Loewy, Paris)
  • Corita Kent, come alive, 1967// Prix : à partir de 2 500 € (Galerie Allen, Paris)
  • Lydia Flem, Série l'atelier de la Reine Alice, 2011 // Prix : 3 800 € (Galerie Françoise Paviot, Paris)
  • Lina Viste Grønli, Soupline, 2017 // Prix : 4 000 € (Galerie Gaudel De Stampa, Paris)
  • Antoine Donzeaud, Untitled Still Life (her curves), 2017 // Prix : 5 000 € (Galerie Valentin, Paris)
  • Andrea Romano, Mizuki (Claque & Shill), 2016 // Prix : 5 500 € (Galerie Gaudel De Stampa, Paris)
  • Michael Van den Abeele, Untitled, 2017 // Prix : 7 400 € (Galerie Gaudel De Stampa, Paris)
  • Peter Buggenhout, Mont Ventoux #14, 2015 // Prix : 35 000 (Konrad Fischer Galerie)
  • Philippe Cognée, Exodus 1, 2017 // Prix : 40 000 € (Galerie Templon, Paris)
  • Steve Gianakos, Bird Brain #1, 1984 // Prix : 45 000 € (Galerie Semiose, Paris)
  • Patrick Saytour, Pliage, 1974 // Prix : 70 000 € (Galerie Valentin, Paris)
  • Wang Du, Médecine interne, 2016 // Prix : 160 000 € (Galerie Laurent Godin, Paris)

 


 

L'étudiant fauché

Celui qui aimerait y comprendre quelque chose

Sa devise : « Pourquoi ces prix
Pour des objets sans fonction
Ils n’ont pas d’alibi
Pour exercer une telle malversation »

Sa panoplie : Avec son sourire en coin, l’étudiant fauché n’est pas dupe du grand remue-ménage de la FIAC. Mais son indifférence se teinte tout de même de curiosité. Plus que les œuvres présentées, ce qui l’intéresse c’est la pagaille qui règne aux alentours. Il se dit qu’il ferait bien de commencer à s’y intéresser. Pour plus tard, on ne sait jamais...

Ce qu’est pour lui une œuvre d’art : Un prétexte pour mener une étude ethnographique et sociologique approfondie de la faune qui se meut dans la jungle de l’art contemporain.

Les œuvres que l’étudiant fauché acquerra probablement cette année : S’il est chanceux une œuvre pas chère du tout de laquelle il tirera une grande fierté. Sinon, une carte postale de la FIAC 2017.


Vous aimerez aussi…

Nicolas de Staël, Arbres et maisons (paysage), 1953 - Applicat-Prazan, Paris - FIAC 2017

Les œuvres les plus chères de la FIAC

Comme chaque année, la FIAC met en lumière les futurs grands noms de l’art contemporain, et consacre les plus grands artistes, modernes comme contemporains. Nous vous dévoilons les chefs-d'œuvre de…

andrea bowers fiac

Les surprises de la FIAC 2017

Cette année encore, la FIAC étonne, choque, provoque. Découvrez avec nous les oeuvres les plus attendues du salon, entre artistes à l’âme d’enfant et créateurs engagés. LES INSOLITES SARA…

Ai Weiwei, Circle of Animals Zodiac Heads, 2010 - Et après Ce que deviennent les oeuvres de la FIAC 2017
  • Contemporain
  • Insolite

Ce que deviennent les œuvres de la FIAC [1/4]

Si la plupart des œuvres d’art contemporain trouvent une famille d’accueil à l’issue de la FIAC - exposées sur les cimaises d’une fondation prestigieuse ou sur les murs d’un particulier ou encore…