Les œuvres mythiques de Sheila Hicks

S’il est une chose que Sheila Hicks refuse, c’est bien la répétition. Un postulat qui l’amène souvent à détricoter les projets précédents pour en tisser de nouveaux, nous invitant à reconsidérer le statut muséographique et pérenne de l’art. Dans une métaphore filée, elle explique sa démarche : « Le fil, c’est le chemin, et tisser, c’est voyager » ; peu importe la matérialité de l’œuvre, seule compte sa capacité à nous embarquer en territoires inconnus. Des excursions le plus souvent uniques puisque Sheila Hicks compose à partir de l’environnement qu’elle est invitée à investir. Petit tour d’horizon des œuvres qui ont fait date dans leurs lieux d’exposition.

 


The Treaty of Chromatic Zones, 2015
(Art Basel)

Sheila Hicks, The Treaty of Chromatic Zones, 2015 - Art Basel

© Raphael Fanelli

En 2015, les galeries Frank Elbaz de Paris et Sikkema Jenkins & Co de New York présentent à Art Basel une œuvre en bas-relief monumentale de Sheila Hicks. Superposant des bambous, des couches de papiers de riz et des fibres pigmentées d’acrylique, de coton, de soie, d'alpaga et de lin, The Treaty of Chromatic Zones scande des rythmes tourbillonnants qui animent le grand mur blanc.


Glossolalia, 2017
(Domaine de Chaumont-sur-Loire)

Glossolalia, installation de Sheila Hicks pour le Domaine de Chaumont-sur-Loire, 2017

© Éric Sander

Quatrième des commandes triennales de la Région Centre-Val de Loire pour le Domaine de Chaumont-sur-Loire, Glossolalia fait siennes la Galerie du Fenil et ses anciennes auges. Satellites accrochés aux parois, cascade céleste jaune et or, fibres agrémentées de branches et panneau central tissé à la main sont les éléments de cette installation totale. Le titre se réfère à une langue mystérieuse qui pourrait bien être celle des anges et dont les signes courent sur les murs.


Baôli, 2014
(Palais de Tokyo)

Sheila Hicks, Baôli, 2014 - Palais de TokyoD’avril 2014 à mars 2015, Sheila Hicks a investi la Grande Rotonde du Palais de Tokyo avec une œuvre architecturale évolutive. Remplie de fibre tissée, sculptée et tressée, elle était reconfigurée dans une interaction permanente entre l’espace et la couleur.

 

 

 


The Embassy of Chromatic Delegates, 2015-2016
et The Questioning Column, 2016
(Sydney Biennale, 2016)

La 20e Biennale de Sydney a été conçue en « ambassades » avec huit espaces d’exposition, dont la Art Gallery of New South Wales qui a accueilli deux œuvres de Sheila Hicks : The Embassy of Chromatic Delegates et The Questioning Column. Cette dernière recouvre une colonne ionique à l’entrée du bâtiment de fibres d’acrylique pour un résultat des plus étonnants : les autres colonnes ne paraissent-elles pas nues à côté ?

  • Sheila Hicks, The Embassy of Chromatic Delegates, 2015-2016 - Sydney Biennale
  • Sheila Hicks, The Questioning Column, 2016 - Sydney Biennale

 

 


Flowering Future, 2001
(Rideau de scène du Kiryu Cultural Center de Gunma au Japon)

Sheila Hicks, Kiryu Cultural Center Stage Curtain, Flowering Future-DonchoCréé par Sheila Hicks et tissé et assemblé par le syndicat des manufactures de textile de Kiryu, ce rideau de scène du Kiryu Cultural Center est fascinant. Au-delà de ses dimensions (20,50 m de longueur sur 11,50 m de hauteur) et de son poids (850 kg), Flowering Future impressionne par son décor coloré aux papillons dansants. Un motif qui cherche à symboliser un futur fleuri pour les habitants de Kiryu.

 

 


Pour en savoir plus sur l'exposition : Sheila Hicks, Lignes de vie au Centre Pompidou


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