A la loupe - Kasimir Malévitch, Carré noir suprématiste

 

1

Malévitch, Carré noir suprématiste, 1915

Un théâtre de Moscou. Voici le lieu de naissance du suprématisme, qui vit le jour en 1913 sous les pinceaux du jeune Malévitch, peintre alors peu connu, encore fauviste et cubo-futuriste – ne vous arrêtez pas à ces termes quelque peu obscurs, nous allons tout vous expliquer.

En 1913 donc, Kasimir Malévitch est convié à réaliser les costumes et les décors de l’opéra Victoire sur le soleil, de son ami et poète Alexeï Kroutchenykh. Les spectateurs qui assistèrent à la première de cet opéra futuriste eurent en effet la chance, si tant est qu’ils aient été attentifs aux décors, de voir pour la toute première fois l’esquisse de ce qui deviendra la marque de fabrique de Malévitch et du suprématisme : le fameux carré noir sur fond blanc.

Mais qu’est-ce donc que le suprématisme ? Il s’agit de la pierre angulaire de l’Avant-garde russe. Le suprématisme, c’est simple : géométrie et couleurs sont les maîtres mots. Et de sa période fauviste Malévitch gardera le principe de l’organisation des couleurs en système. Ainsi, le blanc est réservé pour le fond des toiles, et représente toujours l’infini. Le noir est généralement réservé pour l’emblématique carré. Quant aux autres couleurs, primaires surtout, leur emploi n’est pas codifié. Le sens du suprématisme tient tout aussi essentiellement à la géométrie : les formes représentent les dimensions de notre temps et de notre espace. La clef d’une œuvre suprématiste ? Capturer un moment précis dans l’univers : le blanc, c’est l’univers, et les couleurs et les formes, le moment précis.

Deux ans après la Victoire sur le soleil, c’est la naissance officielle de ce courant, avec le fameux Carré Noir suprématiste, réalisé en 1915.

Mais rappelons peut-être qu’aussi étonnant que cela puisse paraître, la carrière de Malévitch, lancée par cette révolution radicale qu’est le suprématisme, s’est terminée sur une touche bien plus classique et traditionnelle. À la fin de sa vie, ses tableaux sont bien plus réalistes et impressionnistes, comme avec sa Fille aux fleurs, peinte en 1930.

Pour retrouver notre article sur l'exposition au Centre Pompidou, c'est ici.


Vous aimerez aussi…

Alina Szapocznikow, Sculpture-Lampe XII, c. 1970

Clair-Obscur Au-delà de l’ombre et de la lumière

BOURSE DE COMMERCE
Du 4 mars au 31 août 2026

Le clair-obscur. Un mot qui convoque immédiatement Caravage, ses figures happées par la lumière, ses corps surgissant de la nuit. Une révolution picturale qui, au XVIIᵉ siècle, bouleversa la peinture en faisant de l’ombre un lieu de vérité. 

zGwPtmzw
  • Gratuit
  • Contemporain

Susanna Inglada, le dessin debout au Drawing Lab

Du 13 février au 10 mai 2026
Drawing Lab

Susanna Inglada réinvente le dessin en art sculptural et politique : silhouettes fragmentées, papier et céramique dévoilent violence, pouvoir et résistance.

SURVAGE Leopold, Paysage aux poires, 1919-1920, Coll. Marek Roelfer - Villa La Fleur
  • Contemporain
  • Incontournable

L'école de Paris, Collection Marek Roefler au Musée de Montmartre

Musée de Montmartre
Jusqu’au 15 février 2026

Au Musée de Montmartre, 130 œuvres d’artistes étrangers révèlent le Paris cosmopolite du XXe siècle, de Lempicka à Zadkine et Foujita.

  • Contemporain
  • Gratuit

Joseph Albers, l'art des carrés colorés

Du 15 janvier au 21 mars 2026
Galerie David Zwirner

Il suffit parfois de deux formes presque jumelles pour faire basculer une certitude. L’exposition que David Zwirner consacre à Josef Albers orchestre précisément ce trouble : un jeu d’échos, de glissements infimes, d’écarts millimétrés qui redéfinissent notre manière d’appréhender la couleur.