Requiem pour les Barthélemy
Requiem pour les Barthélemy

Icônes de Mai 68, apprendre à lire entre les lignes

Jusqu'au 26 août 2018 - Bibliothèque nationale de France //

Connaissez-vous la face cachée de la Marianne de 68, l’une des grandes icônes de ce printemps ? Derrière celle que l’on a élevée au rang d’allégorie de la révolution dans les médias, il y a en fait une jeune femme brandissant un drapeau sud-vietnamien lors d’une manifestation de mai, et dont le portrait a été saisi par le photojournaliste Jean-Pierre Ray. Mais son portrait n’a pas tout de suite fait les unes des journaux, loin de là. Sa progressive célébrité relève d’une construction médiatique qui a évolué au fil du temps et des anniversaires de 68. La presse, en quête de symboles, a en effet pu survaloriser, simplifier, réduire un certain nombre d’objets ou d’images devenus de véritables leitmotivs dans notre mémoire collective : la photographie de Cohn-Bendit défiant d’un regard rieur un CRS au casque noir, la barricade ou le pavé lancé, symboles des manifestations violentes, ou même cette impression d’une histoire écrite en noir et blanc… Photographies, planches-contact, magazines, documents audiovisuels : au total plus de 200 pièces sont passées au crible pour comprendre les ressorts des représentations des médias. Médias qui ont pu écarter des images moins percutantes mais non moins constitutives de l’histoire. À l’heure où l’éducation à l’image est plus que nécessaire, cette exposition passionnante tombe à pic.

Le saviez-vous :

Pourquoi n’existe-t-il aucune photo iconique en mémoire de la fameuse « Nuit des barricades », du 10 au 11 mai 1968, durant laquelle les manifestants érigèrent des barricades dans Paris pour contrer les forces de l’ordre ?  Ces photographies de nuit, prises dans la confusion et la chaleur des incendies, ne rendaient pas assez bien en « une ».

Through a very original exhibition explaining how images can become icons, discover 200 various pieces like the photography of the young Daniel Cohn-Bendit facing the police or the « Marianne of 68 ».


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