Passée au crible : Corot, Le peintre et ses modèles

Musée Marmottan-Monet
Du 8 février au 8 juillet 2018

Jusqu'au 8 juillet 2018 -
Musée Marmottan Monet //

  • Corot, Mélancolie, 1860
  • Corot, Le Repos, 1860
  • Jean-Baptiste Camille Corot Le Moine au violoncelle, 1874
  • Jean Baptiste Camille Corot, La lecture interrompue, vers 1870
  • Jean Baptiste Camille Corot, La dame en bleu, 1874
  • Jean Baptiste Camille Corot, Femme à la mandoline, vers 1860-1865
  • Jean Baptiste Camille Corot, L'Atelier de Corot, 1870
  • Jean Baptiste Camille Corot, Moine blanc assis lisant, 1865
  • Jean Baptiste Camille Corot, La poésie, 1865-70
  • Jean Baptiste Camille Corot, Moine italien assis lisant,1827

 

Ce « bon-papa » Corot

Tonalités automnales, paysages frémissants et figures lointaines : telle est la triade favorite de Camille Corot. Paisible et tranquille, le pantouflard de l’École de Barbizon ne fait pas de vague, loin des artistes passionnés et torturés du XIXe siècle. Si c’est en cela qu’on l’apprécie, l’exposition Musée Marmottan Monet nous en fait tomber littéralement amoureux en révélant exclusivement sa production de figures. C’est une peinture de l’intime qui s’offre ainsi au visiteur, celle réalisée dans son atelier pour son plaisir personnel tout au loin de sa carrière, mais que Corot n’a jamais voulu montrer : seulement quatre figures avaient été jusque-là exposées.

Remède à la mélancolie

Si la touche nostalgique du peintre est reconnaissable, son amour du paysage est ici relayé au second plan dans l’opposition historique entre figure et décor : c’est la femme désormais qui domine la composition. Dans ce monde du souvenir, elle prend vie sous forme de bacchante ou d’humaine, interrompue dans sa lecture ou accoudée au comptoir. Toutes sont mélancoliques. Elles ne cherchent pas à séduire. Leur menton est fort, leur attitude pèse dans ces toiles conçues uniquement en leur honneur. En se débarrassant ainsi des préceptes qui radotent que seul un contexte historique ou mythologique peut justifier de tels modèles, Corot assume son désir pour le corps féminin, et réveille le nôtre.

On y découvre alors un artiste qui ne se repose pas sur ses lauriers, mais qui se confronte au contraire aux innovations de la jeune génération, celle des impressionnistes et des cubistes qui approche. Une prise de risque qui paye pour cette exposition construite à partir de quelques toiles venues du Vermont – les portraits de Corot étant très rares en France –, mais qui prouve merveilleusement que la sensualité est complice de la contemplation.


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