Qu’elles sont belles ces photographies aux couleurs vives ! Que les femmes y sont jolies ! Que leurs vêtements donnent envie ! Vous êtes séduits ? C’est que Elad Lassry a tout compris. L’artiste originaire de Tel Aviv, qui se voit exposer pour la première fois en France, sait comment interroger l’image. Ses photographies léchées renvoient à la séduction induite par les images commerciales : l’esthétique pop y est indéniable, la retouche photographique aussi. Dans une démarche structuraliste, il travaille pointilleusement la mise en scène, dissimule ce qu’il y a à cacher et recadre le tout avec subtilité. Qu’il parte de manuels scolaires, de publications scientifiques, d’œuvres cinématographiques ou de publicités, il s’approprie ce corpus hétéroclite pour mieux questionner sur le sens d’un réel dans un monde devenu « tout image ». L’artiste voit ainsi la photographie comme une entité rattachée à sa propre « condition contemporaine » : un reflet désirable de tout, sauf de la réalité. La photographie, objet indigne de confiance ?
With his rich-coloured photographs, Elad Lassry asks about the sincerity of this art, its detournement by advertising and its fake aspect.
LE PLATEAU Du 20 septembre au 9 décembre 2019 22 rue des Alouettes, 75019 – M° Place des Fêtes (11) Du mer. au dim. de 14h à 19h – Nocturne les 1ers mer. du mois Entrée libre
Vous êtes observés. Pas par une caméra de surveillance. Par une œuvre qui vous répond. Ici, le trouble règne en maître. Certaines œuvres donnent la parole à des intelligences artificielles qui s’adressent à nous avec une étrange familiarité. D’autres transforment des images intimes en données exploitables, des récits personnels en protocoles. Le malaise ne vient pas d’un discours, mais d’une reconnaissance immédiate : ces situations, on les connaît.
LAFAYETTE ANTICIPATIONS Du 1er avril au 19 juillet 2026
Qui va sauver le monde ? Certainement pas Ladji Diaby. Et surtout pas de la manière attendue. Ici, l’artiste ne brandit ni slogan écologique ni prophétie politique. Il arrive après la tempête. Quand le décor est déjà fissuré, quand les récits rassurants ont cessé de fonctionner. Son installation ressemble à un après-coup : un monde fait de restes, de fragments, d’objets chargés de vies antérieures. Rien n’est neuf. Tout a déjà servi. Et c’est précisément là que quelque chose recommence. Diaby travaille avec ce qu’il trouve, au sens littéral. Des objets issus de sa maison familiale à Ivry-sur-Seine, des fragments abandonnés, des traces de pop culture, des reliques de rituels, des éléments intimes déplacés d’une vie à l’autre.
Recréer l’énergie d’un moment où l’objet domestique et l’image Pop ont cessé de s’ignorer : telle est l’ambition de cette exposition audacieuse. En février 1966, à Milan, Sottsass expose les Mobili Fly. Des meubles verticaux, géométriques, saturés de couleur, qui ne cherchent plus à servir mais à affirmer. Au même moment, Warhol élève les produits de consommation au rang d’icônes.
Du 14 février au 19 juillet 2026 Frac Ile-de-France : Le Plateau / Les Réserves
Peut-on vraiment finir une œuvre ? Pierre Bonnard, dit-on, n’y croyait pas. On raconte qu’il se glissait en douce dans les musées pour retoucher ses toiles, corriger une ombre, raviver un ton, incapable de s’en détacher.
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