Dessiner, découper

Du 6 novembre 2018 au 7 avril 2019 -
Musée Rodin //

 

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Si le titre de cette nouvelle exposition sur Rodin pourrait passer pour les consignes d’un exercice enfantin, il désigne en fait un mode opératoire inédit dans le processus artistique du célèbre sculpteur. Cette figure de la seconde moitié du XIXe, connue mondialement pour son Penseur (1902), ses Bourgeois de Calais (1889) et autre Porte de l’Enfer (1917), voit pourtant « la clef » de son œuvre, selon ses dires, en l’art du dessin. Exécutés d’après le modèle vivant, ses esquisses et croquis sont, dès le premier regard, aussi instinctifs que ses sculptures : les visages ne sont pas définis et les corps, synonymes de mouvement. Sur les 250 dessins exposés cependant, une petite centaine présente une technique en aval étonnante, celle du découpage. Plus loin encore, l’assemblage de diverses figures isolées, sur une même page. Par ce dispositif, c’est comme si Rodin soumettait ces « petites feuilles de papier », comme il aimait les appeler, à une métamorphose. Une transformation produite par l'action de sa main, de ses gestes, le ramenant malgré lui à la sculpture. Collés dans des albums dès son jeune âge, les dessins de nus aquarellés que l’accrochage nous fait découvrir ici ont été réunis entre 1900 et 1910. Approximatives telles ses créations de plâtre, ces figures bidimensionnelles se détachent quant à elles du support technique, de l’étude, pour devenir des œuvres à part entière. Elles s’épanouiront complètement quelques années plus tard, avec, dans leur plus bel achèvement, les Nus bleus d’Henri Matisse.

Discover in this exhibition the other Rodin’s talent : drawing, collage and watercolour of some feminine shapes.


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